The press, ultra-orthodox jews, and COVID 19

The press hushes that ultra-orthodox jews take the risk to spread the covid19 to babies during circumcision; the words “circumcision” or “brit” do not appear in those articles:

https://www.npr.org/2020/04/01/825260941/israel-faces-challenges-in-fighting-coronavirus-in-ultra-orthodox-communities?t=1585793221649

https://www.timesofisrael.com/around-half-of-israelis-hospitalized-with-coronavirus-are-ultra-orthodox-tv/

https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-israel-s-ultra-orthodox-jews-face-coronavirus-devastation-they-need-face-masks-1.8728283

https://www.timesofisrael.com/liveblog-march-31-2020/

https://www.ctvnews.ca/world/israel-s-ultra-orthodox-jews-in-fight-over-virus-rules-1.4876009

https://www.ctvnews.ca/world/israel-s-ultra-orthodox-jews-in-fight-over-virus-rules-1.4876009

https://abc7ny.com/coronavirus-new-york-rockland-county-updates/6032560/

https://www.wfmz.com/news/cnn/health/covid-israels-ultra-orthodox-jews-ignoring-measures/video_2c9d0322-c00b-5da7-8c19-9571c115a1ea.html

https://www.wsj.com/articles/how-the-coronavirus-spread-from-one-patient-to-1-000-now-quarantined-in-new-york-11583423323

https://lostmessiahdotcom.wordpress.com/2020/03/24/uk-ultra-orthodox-jews-may-have-missed-the-isolation-message-covid-19/

https://www.propublica.org/article/as-coronavirus-cases-rise-members-of-some-ultra-orthodox-jewish-communities-continue-to-congregate

and so on…

Freud coupable, en privé, de sexisme, racisme et incitation au racisme

“Comment un être qui a été agressé de cette façon, alors qu’il était totalement sans défenses, pourrait-il se développer en une personne calme, aimante, confiante ? En effet, il ne sera jamais capable de faire confiance à personne dans la vie, il sera toujours sur la défensive, incapable de s’ouvrir aux autres et à la vie.” Frédérick Leboyer[1]

            Nous avons vu que Roudinesco a dénaturé la prise de position impeccable de Freud contre le racisme sioniste[2]. Mais il écrivit à Sabina Spielrein enceinte :

“… Il faut (si c’est un garçon) qu’il soit brun ou qu’en tout cas, il le devienne ; plus de tête blonde. Nous sommes et nous restons juifs. Les autres ne feront jamais que nous utiliser toujours sans jamais nous comprendre ni nous respecter.”[3]

Et si c’est une fille ? ! Après la rupture avec Jung, cette injonction ouvertement raciste et sexiste est bouillante de haine communautariste et de souffrance du racisme antiJuifs. Une affirmation aussi lourdement paranoïaque risque d’offenser les Justes. Freud a d’ailleurs, toujours en privé, une fois utilisé le mot sexiste “goyim” (intacts), susceptible d’être méprisant, voire insultant, pour désigner les étrangers masculins à la judéité :

“… mon intention de fondre ensemble juifs et goyim au service de la psychanalyse… “[4]

            Nous avons souligné que ce fantasme de peur des non-juifs est adressé à une femme pour mettre l’emphase sur la résurgence du traumatisme de la circoncision qui se fait jour ici chez l’analyste qui a apporté le poids de la psychanalyse à l’attribution de l’antijuifisme à la circoncision. Car la répression de la sexualité infantile – les mutilations sexuelles sont la pire de toutes – est la cause fondamentale de la paranoïa (cf. notre écrit “Circoncision et paranoïa, le cas Olievenstein”[5]), pour ses victimes comme pour leurs voisins intacts.

            Ce n’est qu’un an avant sa mort que Freud publia sa pensée la plus élaborée sur la circoncision :

“Les résultats de la menace de castration sont multiples et incalculables ; ils affectent toutes les relations d’un garçon avec ses pères et mères et par la suite avec les hommes et les femmes en général.”[6]

La note de bas de page suggère discrètement, de façon biaisée par la fumeuse théorie de la soumission qui n’est pas soumission au père mais soumission des parents à la société, notamment aux grands-parents, que la circoncision est une de ces déstructurantes menaces :

“(1) …La coutume primitive de la circoncision, un autre substitut de la castration, ne peut être comprise que comme l’expression d’une soumission à la volonté paternelle… “

            Déstructuré, il l’était ; en témoigne sa projection grossière d’insérer de la menace de castration dans le complexe d’Œdipe, cf. “Oedipe sans complexe”… de castration ! (aussi aveugle qu’Oedipe, Freud dénature le mythe de Sophocle)[7].

            Dans la psychose, affirmait Lacan qui a subtilement critiqué la circoncision[8], l’inconscient est à ciel ouvert. Or justement, l’inconscient ignore la contradiction et ne recule pas à affirmer une chose et son contraire. C’est avec une grande naïveté que Freud affirmera en 1935 :

“Tant que les juifs ne seront pas admis dans les cercles chrétiens,…”[9]

Etrange ambition de la part d’un athée.

            C’est l’occasion de souligner que l’inventeur de la sexualité infantile a bien évidemment souffert de la répression qu’il en a subi lors de sa circoncision, répression dont le traumatisme est resté gravé à jamais dans son inconscient de façon totalement amnésiée (nous avons vu que plusieurs de ses rêves-cauchemars en témoignent[10]). Cette répression est la cause profonde de la paranoïa individuelle, puissamment redoublée par une paranoïa collective lorsque la mutilation sexuelle frappe l’ensemble du groupe social.


[1] Leboyer F. Ma traduction de la lettre de Frédérick Leboyer à Rosemary Romberg-Weiner.

[2] Bertaux-Navoiseau M. Victime communautariste de la circoncision, Roudinesco trahit la pensée de Freud ; il s’est toujours désolidarisé du sionisme en Palestine.

[3] Freud S. Lettre d’août 1913 à Sabina Spielrein

[4] Freud S. Lettre de 1912 à Ferenczi.

[5] Bertaux-Navoiseau M. Circoncision et paranoïa, le cas Olievenstein

[6] Abrégé de psychanalyse. 1938. Paris : PUF ; 1978. p. 60-62.

[7] Bertaux-Navoiseau M. “Oedipe sans complexe”… de castration ! (aussi aveugle qu’Oedipe, Freud dénature le mythe de Sophocle)

[8] Bertaux-Navoiseau M. Jacques Lacan antiJuifs ? !

[9] Freud S. lettre de 1935 à Joseph Wortis.

[10] Bertaux-Navoiseau M. Cinq rêves de Freud témoignent de son traumatisme de circoncis

Freud guilty, in private, of sexism, racism, and incitement to racism

“How could a being who has been aggressed in this way, while totally helpless, develop into a relaxed, loving, trusting person? Indeed he will never be able to trust anyone in life, he will always be on the defensive, unable to open up to others and to life.” Frédérick Leboyer[1]

We saw that Roudinesco denatured Freud’s impeccable stand against Zionist racism[2]. But he wrote to pregnant Sabina Spielrein:

“He has (if it is a boy) to be brown-haired or, in any case, become so; no more fair-haired head. We are and remain Jews. The others will never get beyond using us without ever understanding or respecting us.”[3]

And if it is a girl?! After the split with Jung, that openly racist and sexist injunction is fiery of communitarian hatred and of suffering of the antiJewish racism. An as heavily paranoid affirmation risks to offend the Just. Besides, Freud once used the sexist word “goyim” (intacts), likely of being scornful and even insulting, to designate male foreigners to Jewishness:

“… my intention to melt together Jews and goyim at the service of psychoanalysis… “[4]

            We stressed that that fantasy of fear of non-Jews is addressed to a woman to emphasize the resurgence of the trauma of circumcision that emerges here in the analyst who assigned the weight of psychoanalysis to the attribution of antiJewishness to circumcision. For repression of infantile sexuality – sexual mutilation is the worst of it – is the fundamental cause of paranoia. (cf. our writing “Circumcision and paranoia”, the Olievenstein case[5]), for its victims as for their intact neighbours.

            Only one year before his death, Freud published his most elaborate thought about circumcision:

“The results of the threat of castration are multifarious and incalculable; they affect the whole of a boy’s relations with his father and mother and subsequently with men and women in general.”[6]

The footnote discreetly suggests, in a way biased by the nebulous theory of submission, which is not submission to the father but submission of parents to society, notably to grandparents, that circumcision is one of those destructurating threats:

“(1) … The primaeval custom of circumcision, another substitute for castration, can only be understood as an expression of submission to the father’s will… ” (p. 190)

            Freud was destructurated; his gross projection of inserting threat of castration into the Oedipus complex testifies to it, cf. “Oedipus without complex”… of castration! (as blind as Oedipus, Freud distorts Sophocles’ myth)”[7].

            In psychosis, affirmed Lacan who subtly criticized circumcision[8], the unconscious is open sky down. Then, precisely, the unconscious ignores contradiction and does not back down from affirming one thing and its contrary. In 1935, Freud will affirm with great gullibility:

“As long as the Jews will not be admitted in Christian circles…”[9]

Weird ambition from an atheist.

            This is the opportunity to emphasize that the inventor of the infantile sexuality very obviously suffered from the repression of it that he endured at the time of his circumcision, a repression the trauma of which remained forever engraved in his unconscious in a totally amnesied way (we saw that several of his dreams-nightmares testify to it[10]). That repression is the deep cause for individual paranoia, powerfully strengthened by collective paranoia when sexual mutilation strikes the whole social group.


[1] Leboyer F. A copy of Fréderick Leboyer’s letter to Rosemary Romberg-Weiner.

[2] Bertaux-Navoiseau M. A communitarian victim of circumcision, Roudinesco betrays Freud’s thought; he always disengaged from Zionism in Palestine.

[3] Freud S. August 1913 letter to Sabina Spielrein.

[4] Freud S. 1912 lettre to Ferenczi.

[5] Bertaux-Navoiseau M. Circumcision and paranoia, the Olievenstein case

[6] An outline of psychoanalysis. 1938. London: The Hogarth press ltd.; 1964. S.E., XXII, p. 189-191.

[7] Bertaux-Navoiseau M. “Oedipus without complex”… of castration! (as blind as Oedipus, Freud distorts Sophocles’ myth)

[8] Bertaux-Navoiseau M. Jacques Lacan antiJewish?!

[9] Freud S. 1935 letter to Joseph Wortis.

[10] Bertaux-Navoiseau M. Five dreams of Freud testify to his circumcision trauma.

Les stèles de Beth-Shéan et d’Israël confirment l’historicité de la Bible et l’identité d’Abraham et Akhenaton



         Une stèle de Séthi 1er, fils de Ramsès 1er (Moïse) et grand-père de Mérenptah, illustre un épisode de la reconquête de la Palestine par Séthy 1er alors qu’il était probablement corégent de son père.

         L’interprétation du texte de cette stèle illustre l’acharnement des sionistes à tenter d’éliminer toute preuve archéologique de la présence des Hébreux en Palestine au 12ème siècle av. J. C. Ignorant la lecture faite par les égyptologues, Römer s’est fait l’écho de celle de l’historien Liverani[1] [2] qui inverse l’identité des tribus en question en prétendant que la tribu r-h-m serait celle d’Abraham :

“On a parfois essayé de mettre Abraham en relation avec une tribu ‘r(w)hm’ mentionnée dans une stèle égyptienne découverte à Beth-shéan (vers 1300) qui parle des Apirus ayant attaqué les Asiates de r-h-m. M. Liverani a voulu y voir l’origine du nom d’Abraham, en imaginant qu’il aurait été l’ancêtre de ce groupe.”[3]

Les égyptologues avaient pourtant ruiné la thèse de Liverani ; selon Grdsseloff, Rowe, Albrecht et Albright4, en infligeant une défaite aux nomades en guerre contre les Apirus (Hébreux), le pharaon égyptien, fidèle à l’Alliance de son prédécesseur le Dieu vivant de Genèse 17, a protégé ses colons qu’à Gilgal, il avait contraint à payer chèrement le prix de son Alliance. Dussaud a commenté l’article d’Albright :

“L’intérêt de la note du professeur Albright tient surtout à ce qu’il ne fait plus d’objection à l’identification de “Apiru” avec “Ibri” (soit les Hébreux) pourvu qu’on  lui accorde que le changement vocalique a été entraîné par une étymologie populaire ayant rapproché le vocable “eber” (anciennement ‘ibr), c’est à dire l’homme venu d’au delà du fleuve.” [6]

L’Égypte s’étend au delà du fleuve et le rabbinat français fait erreur de pen-ser qu’il s’agirait de l’Euphrate[7].

         Dans la stèle d’Israël, comme dans la stèle précédente, le Dieu Amon tient le premier rôle en remettant au pharaon le cimeterre de la victoire :

Stèle de Mérenptah ou stèle d’Israël (1210-1225 av JC, Musée du Caire)

         C’est une stèle funéraire d’Akhenaton que Mérenptah a dérobée et dont il a utilisé le verso. A première vue, elle commémore une victoire sur diverses peuplades de Canaan – dont les Hébreux  – qui avaient eu des velléités d’indépendance, et en rend grâce à Amon.

         Les archéologues se sont focalisés sur la présence du mot Israël dans le texte de cette stèle. Mais son principal intérêt est d’associer un affront à Akhenaton à un hommage à Amon honni par Akhenaton. En s’emparant de la stèle d’Akhenaton que Ramsès II son père avait qualifié de criminel, Mérenptah a offensé la mémoire de l’iconoclaste qui fit tout pour éliminer Amon et persécuter ses prêtres. Il a exprimé son mépris, voire exercé une vengeance posthume contre le pharaon monothéiste étiqueté hérétique par ses successeurs. Il est surprenant qu’aucun égyptologue n’ait fait le lien entre les deux faces de la stèle ; il en fait une preuve archéologique de la connexion entre les Hébreux et Akhenaton, et donc de son identité avec Abraham.

         De surcroît, la stèle désigne nommément “Israël” parmi les peuplades vaincues (selon son inventeur Petrie, la vingt-septième ligne du texte contient le mot Israr, désignant une population). Mérenptah a fait faire plusieurs stèles jumelles sur lesquelles on retrouve le même texte. Sur l’une d’elles, le terme Israël a été vandalisé. Les mises en doute du mot Israël ne sont pas convaincantes car la stèle précédente prouve que les Hébreux vivaient en Canaan depuis longtemps.

         Les deux stèles établissent qu’à la fin du 13ème siècle avant J.-C., les colons hébreux installés par Séthy 1er/Josué étaient les disciples d’Akhenaton, soit la thèse centrale des Secrets de l’Exode et de La naissance du judaïsme, entre exégèse et égyptologie. Elles confirment l’historicité de la Bible et l’exactitude de notre reconstitution historique dans le deuxième livre. Nous y avons vu les deux autres preuves archéologiques de l’origine égyptienne des Hébreux : la fresque de Karnak et l’Hymne à Aton d’Akhenaton. Elles s’ajoutent aux multiples preuves bibliques.


[1] Liverani M. “Un “ipotesi” sul nome di Abramo”, Hen., t. 1, 1979, p. 9-18.

[2] Liverani M. La Bible et l’invention de l’histoire. Paris: Bayard; 2008, p. 54.

[3] Römer T. Cours 2009 in the Collège de France.

[4] Wikipedia. Article Abraham, historique, fin janvier 2020.

[5] Albright W. The smaller Beth-Shean stele of Sethos I (1309-1290 B. C.), Bulletin of the American shools of Oriental research,‎ feb 1952, p. 24-32.

[6] Dussaud R. Syria, Revue d’art oriental et d’archéologie, 1952, 29-3-4, p. 386. https://www.persee.fr/doc/syria_0039-7946_1952_num_29_3_4794_t1_0386_0000_2

[7] La Bible. Editions Colbo : Paris ; 1999. note de bas de page 329 (Josué 24 : 2),

The Beth-Shean and Israel steles confirm the historicity of the Bible and the identity of Abraham and Akhenaten

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A stele of Sethy 1st, the son of Ramses 1st (Moses) and grand-father of Merneptah, illustrates an episode of the reconquest of Palestine by Seti 1st whereas he was probably coregent of his father.

         The interpretation of the text of that stele illustrates the determination of Zionists to deny all archaeological proofs of the presence of the Hebrews in Palestine in the 12th century B. C. Ignoring the reading done by Egyptolo-gists, Römer echoed that of the historian Liverani[1] [2] who inverts the identity of the tribes in question by pretending that the tribe r-h-m would be Abraham’s one:

“Abraham has sometimes been related with a tribe “r(w)hm” mentioned in a stele discovered in Beth-Shean (towards 1300) that speaks of the Apirus having attacked the Asians of r-h-m. M. Liverani saw there the origin of the name of Abraham, by imagining that he would have been the ancestor of that group.” [3]

However, the Egyptologists had ruined the thesis of Liverani; according to Grdsseloff, Rowe, Albrecht et Albright4, by defeating the Asian nomads in waragainst the Apirus (Hebrews), the Egyptian pharaoh, faithful to the Alliance of his predecessor the living God of Genesis 17, protected his settlers whom, in Gilgal, he had compelled to dearly pay the price of his Alliance. Dussaud commented Albright’s article:

“The interest of Professor Albright’s note is mainly due to the fact that he no longer objects to the identification of “Apiru” with “Ibri” (ie the Hebrews) provided that we grant him that the vocal change has been driven by a po-pular etymology that brought then term “eber” (formerly ‘ibr), that is to say the man from beyond the river.”[6]

Egypt extends beyond the river and the French Rabbinate was mistaken to think that it would be the Euphrates[7].

            Amon-Ra equally has the lead role in the Israel stele:

Stele of Merneptah or Israel stele, (1210-1225 BC, Museum of Cairo

         It is a funerary a stele of Akhenaten that Merneptah stole to use its back. At first sight, it commemorates a victory upon various tribes of the land of Canaan – of which the Hebrews worshippers of Aten – that had had intents of independence, and gives thanks to Amun for it. Represented twi-ce in the centre of the top of the stele, Amun is handing the scimitar of vic-tory to the sovereign.

         Whereas archaeologists focused on the presence of the word Israel in the text of that stele, its main interest is to associate an affront to Akhenaten with a homage to the god Amun disgraced by Akhenaten. By seizing the stele of Akhenaten’s whom his father Ramses II had qualified a criminal, Merneptah offended the memory of the iconoclast who had done every-thing to eliminate Amon and persecute his priests. He expressed his con-tempt and even a posthumous revenge against the monotheistic pharaoh labelled a rebel by his successors. It is surprising that no Egyptologist should have established the link between both faces of the stele; it makes it an archaeological proof of the connexion between Akhenaten and the Hebrews, and, therefore, of his identity with Abraham.

         In addition, the stele designates by name “Israel” amongst the vanqui-shed tribes (according to its finder Petrie, the twenty-seventh line of the text contains the word Israr, designating a population). Merneptah had several twin steles made, upon which the same text can be found. On one of them, the term Israel was vandalized. Since the following stele proves that the Hebrews figured amongst the populations of Canaan, the controversy about the word Israel is not convincing.

         Both steles establish that, at the end of the 13th century B. C., the Hebrew settlers were Akhenaten’s disciples, which is the central thesis of Secrets of the Exodus and The birth of Judaism, between exegesis and Egypto-logy. They confirm the historicity of the account of the Bible and the accura-teness of our historical reconstitution in the second book where we have seen the two other archaeological proofs of the Hebrews’ Egyptian origin: the fresco of Karnak and the Hymn to Aten of Akhenaten. They add up to the many Biblical proofs.


[1] Liverani M. “Un “ipotesi” sul nome di Abramo », Hen., t. 1, 1979, p. 9-18.

[2] Liverani M. La Bible et l’invention de l’histoire. Paris: Bayard; 2008, p. 54.

[3] Römer T. Cours 2009 at the Collège de France.

[4] French Wikipedia. Article Abraham, historique, end of January 2020.

[5] Albright W. The smaller Beth-Shean stele of Sethos I (1309-1290 B. C.), Bulletin of the American shools of Oriental research,‎ feb 1952, p. 24-32.

[6] Dussaud R. Syria, Revue d’art oriental et d’archéologie, 1952, 29-3-4, p. 386.

https://www.persee.fr/doc/syria_0039-7946_1952_num_29_3_4794_t1_0386_0000_2

[7] La Bible. Editions Colbo: Paris; 1999. Note at the bottom of page 329 (Josué 24 : 2),

Entre barbarie et exclusion, la circoncision rituelle, le plus grand crime contre l’humanité, une discrimination artificielle, le pire apartheid, masqué derrière religion, tradition, culture et folklore catalyseur de fanatisme, violence aux femmes, terrorisme, guerre et génocide

(English: Between barbarity and exclusion, circumcision, the greatest crime against humanity, an artificial racism masked behind religion, tradition, culture and folklore, catalyst of fanaticism, terrorism, war, genocide and feminicide)

CET ARTICLE EST UN CHAPITRE DE MON LIVRE PUBLIÉ À PETIT PRIX

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Le mur des noms, Mémorial de la Shoah, Paris

DUR ET PROVOCANT,

CE DOCUMENT NE VISE PAS À SUSCITER LA HAINE,

SAUF CONTRE L’IDÉOLOGIE FANATIQUE

QUI ENGENDRE L’HORREUR DES MUTILATIONS SEXUELLES,

TOUT PARTICULIÈREMENT LA CIRCONCISION.

“Le sexe de (l’enfant) apparaît bien comme un enjeu de possession, un symbole de soumission.” Simone Veil, qui a écrit “la femme” et non l’enfant[1]

“Le crime contre l’humanité est l’aboutissement d’un totalitarisme dont l’un des aspects structurels est l’abolition de la conscience individuelle.” Mazarine Pingeot

            L’article 3 (Droit à l’intégrité de la personne) de la Charte de l’Union européenne (7 décembre 2000) interdit les “pratiques eugéniques, notam-ment celles qui ont pour but la sélection des personnes”.

            Le 14 juin 2013 à la Sorbonne, ouvrant l’assemblée fondatrice d'”Ex-cision, parlons-en”, Christine Lazerges, présidente de la Commission natio-nale consultative des droits de l’homme a déclaré qu’elle mentionnerait dans son rapport au président de la république que les mutilations sexuel-les féminines et masculines sont discriminatoires. Mais, publié le même jour, son “Discours de la présidente”[2] ne parle plus de la circoncision, limite le propos à la discrimination subie (handicaps) et omet donc celle exercée sur la communauté et le reste de l’humanité.

            Le 1er octobre 2013, pour la première fois dans l’histoire, une impor-tante assemblée politique supranationale, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, s’est prononcée à une forte majorité pour le respect du droit de l’enfant à l’intégrité physique en butte aux rituels religieux. Elle a condamné “les pratiques (souvent présentées par leurs tenants) comme un bienfait pour les enfants, en dépit d’éléments présentant manifeste-ment la preuve du contraire… notamment les mutilations génitales féminines, la circoncision pour motifs religieux… “[3]. Elle a conforté sa décision quelques mois plus tard par l’audition de spécialistes internatio-naux de la question. Cette décision a provoqué un tollé des religieux musul-mans et juifs, auxquels s’est joint le chef de l’état d’Israël.

            Quelques semaines plus tard, l’avis du 28 novembre 2013 de la CNCDH[4] n’a mentionné ni la circoncision ni la discrimination. Il semble que, politique électorale obligeant, les religieux ont fait la loi contre les droits de l’enfant.

            Les plaisirs de l’autosexualité sont, universellement sauf rares excep-tions, méprisés et/ou condamnés, au point qu’une minorité des cultures (30% de l’humanité) détruit ses organes spécifiques (le prépuce, et parfois le clitoris). L’usage fréquent du même terme pour les deux mutilations montre leur commune finalité ; en arabe classique, “khitan” et “khatna”, mais aussi “tahara” ou “tohhor” qui signifient aussi propreté, désignent l’excision et la circoncision. Cependant, les atroces ravages de l’excision ne sont que le sommet de l’iceberg des mutilations sexuelles. Car si les dommages physio-logiques et sexologiques[5], [6] parfois graves[7] de la circoncision sont le plus souvent occultés, nous allons voir qu’à l’échelle de la planète, ses con-séquences psychosociologiques sont dramatiques. L’ineptie de cette mutila-tion éclate dans le fait qu’un des principaux résultats escomptés : réduire l’appétit sexuel, n’est pas atteint et l’on doit penser que d’autres buts sont visés. Pratiqués en masse sur les mineurs incapables de se défendre, ces sacrifices humains avec torture sont un comble de la violence éducative banalisée (VEO) qui enseigne la raison du plus fort, la violence, la barbarie, le sexisme et son corollaire : le racisme. Ces techniques de soumission par la terreur jouent sur un amalgame entre identité et appartenance ou affilia-tion caractéristique de la pensée raciste ; les rites primitifs de marquage sont des signes artificiels d’appartenance ou d’affiliation mais certainement pas d’identité. Auto-exclusion, ils ne discriminent pas seulement l’enfant et la communauté, ils discriminent aussi le reste de l’humanité, auquel leurs victimes se croient moralement supérieures du fait de leur mutilation.

            Miriam Pollack a montré que la circoncision est une expression du sexisme masculiniste[8]. Elle est d’autant plus sexiste qu’elle contraint l’homme à dominer la femme, laborieusement, dans le coït. Le sexisme étant le degré zéro du racisme, il n’est pas étonnant que ce dernier soit présent dans des mutilations qui discriminent enfants, individus, commu-nautés, et le reste de l’humanité.

            Discriminatoires, les mutilations sexuelles sont aussi une condition sine qua non d’appartenance, sous peine d’exclusion de la communauté.

I – La discrimination par les mutilations sexuelles : des amalgames

            Le “raisonnement” par amalgame est au cœur de la pensée raciste. Or les mutilations sexuelles reposent sur une série d’amalgames :

1/ L’amalgame entre genre et sexe

            Parfois présent (cultures africaines), il imagine que la suppression des organes sexuels évoquant le sexe opposé confèrerait une supériorité par un plus de féminité ou de masculinité.

2/ L’amalgame entre mutilation sexuelle et supériorité physique et morale

“Nous devons aussi prendre en considération que percevoir la mutilation en tant que telle n’est pas toujours évident, comme cela apparaît clairement quand nous pensons aux différentes réponses émotionnelles aux mutila-tions génitales rituelles pratiquées encore aujourd’hui sur les jeunes filles dans certaines parties d’Afrique et du Moyen-Orient. Ce qui est vu avec fierté comme un signe d’affiliation au sein d’une communauté donnée est vu avec aversion par ceux qui ne partagent pas le même espace mental. C’est seulement lorsque l’isolement culturel est surmonté et que les percep-tions divergentes de la même “blessure symbolique” entrent en contact que sont créées les conditions pour un conflit, et les contradictions peuvent alors commencer à être mises en lumière.” Carlo Bonomi[9]

            Banal mais extravagant, le sentiment de supériorité esthétique dont s’enorgueillissent les circoncis a été dénoncé par Reyes et Zagdanski[10] et moqué par Jacques Lacan[11]. Mais la circoncision relève avant tout d’un ordre moral puritain dont le dessein inavoué est de dominer la population, à commencer par la jeunesse, par la terreur d’un sacrifice humain qui est avant tout une menace de castration et de mort : “Je t’en coupe un petit bout aujourd’hui mais gare à toi !” Dans les cultures de la polygamie, de ses ha-rems et eunuques totalement évirés, la menace n’était pas un vain mot. Ce puritanisme s’accompagne de l’affirmation d’une supériorité morale que la circoncision garantirait. Il prétend fabriquer des surhommes (surfemmes) moralement supérieurs, élus de Dieu ou des ancêtres :

“Ce commandement n’a pas été institué pour corriger une déficience congénitale mais une déficience morale.” Maïmonide[12]

Fondée sur une différenciation physique, cette discrimination équivaut à un racisme artificiel qui cache bien son jeu. Car reposant sur une culpabi-lité et une volonté de punir (péché originel) aussi insensées l’une que l’au-tre, cette revendication de supériorité morale, voire même spirituelle (la mutilation suggère l’abstention et le mépris de l’autosexualité érigée en péché), est aussi hypocrite que mégalomane.

            Le circoncis risque de faire de son infirmité un alibi. Un début de castration lui apporte le réconfort d’un signe d’ “identification” le mettant non seulement au-dessus des femmes mais encore au dessus du commun des mortels. Comme s’il suffisait d’une mutilation pour quitter (ou ne pas quitter) l’enfance ? ! Ce n’est pas tant qu’il considère les autres hommes, les “étrangers”, comme des exclus méprisables, sales et intouchables sous peine de contamination, c’est surtout qu’il lui serait impensable qu’ils épousent ses filles ou ses sœurs. L’endogamie raciste et la possession des femmes sont bien évidemment un des buts de l’opération. C’est aussi que la circoncision est un signe d’appartenance à une communauté violente – et donc supposée puissante. Prétendument plus rassurante que des documents d’identité, la soi-disant identité collective (il s’agit d’appartenance et non d’identité) d’un simple signe particulier devient le paradigme du narcissisme de groupes qui se discriminent, discriminent leurs enfants et discriminent la commu-nauté universelle par un “racisme” artificiel chirurgicalement imposé aux mineurs. Cette discrimination est d’autant plus condamnable qu’elle s’ap-puie sur la croyance en une supériorité morale garantie par la mutilation, soit un racisme à la puissance dix. Elle place définitivement ses détenteurs dans une caste, les “élus”, qui peut croire que tout lui est permis (lapidation, excision, mariage forcé, polygamie…, etc.) ou dû (la “terre promise”). C’est, par une action violente sur l’inconscient et les motivations puissantes du monde des affects, une technique perverse d’emprise sur l’individu en vue de son enrôlement dans le groupe. Elle renforce la division du monde en groupes rivaux qui se livrent à des guerres sans merci.

3/ L’amalgame entre identité et appartenance (affiliation)

            Selon le philosophe Michel Serres, en logique pure, l’identité ne peut être qu’individuelle et on ne peut pas dire “Je suis français.” mais “Je suis X et j’appartiens à la communauté française.” Parler d’identité collective est une erreur qui risque de faire sombrer dans la xénophobie ou le racisme.

            Mais le psychanalyste va plus au fond des choses :

“Narcissisme et identité sont des notions qui renvoient l’une à l’autre, la notion d’identité se situant à l’interface entre l’espace narcissique et l’es-pace social. Notons d’abord que le terme d’identité implique le constat d’une permanence dans le temps d’éléments caractéristiques de la person-nalité, perceptibles pour le sujet lui-même et pour autrui. Il faut donc recon-naître à l’identité deux versants qui recouvrent deux aspects du narcissis-me. L’un est intime : être soi-même à ses propres yeux, et l’autre social : ce que l’on présente à autrui pour qu’il vous reconnaisse, dans tous les sens du terme. L’identité apparaît ainsi sous le double versant d’une raison d’être et d’une raison sociale renvoyant au registre personnel d’une part, relationnel, familial et social d’autre part.”

“… les blessures narcissiques itératives, les situations incestuelles ou incestueuses, induisent un surinvestissement de l’actuel et entravent la narration constitutive de l’identité. Paul Denis[13]

            L’ex-président de la Société psychanalytique de Paris précise ici la distinction du philosophe. L’identité est le “versant intime”, l’appartenance le “versant social”. C’est dire à quel point, pour les victimes des mutilations sexuelles, l’amalgame est facile et difficilement évitable entre ce qui leur apparaît comme une identité physique des plus intimes qui soient et leur appartenance à la communauté ; une ablation chirurgicale irréversible, collectivement et systématiquement commise dans la plus tendre enfance avec la complicité active des parents, est un signe majeur d’appartenance au groupe social. C’est au prix d’une négation de l’identité humaine la plus concrètement discriminatoire, “raciste”, qu’on puisse imaginer. Les reli-gieux qui parlent de la circoncision comme d’un élément de leur identité amalgament les deux notions. Evidemment, il est d’autant plus difficile de ne pas tomber dans cet amalgame que le traumatisme généré par les tech-niques d’éducation par la violence renforce la confusion entre identité et appartenance. Cependant, le : “Une bonne fessée n’a jamais fait de mal à personne !” de Madame Chirac tend à dire que les fesseurs seraient supé-rieurs aux non-fesseurs alors que c’est bien évidemment l’inverse qui est vrai ; vis à vis de l’enfant, non seulement il ne doit pas y besoin de violence pour exercer l’autorité mais surtout la violence témoigne d’un manque d’autorité, d’une perte de dignité.

            Les rituels mutilateurs ne constituent aucune identité. Ce ne sont que des éléments accessoires d’identification, de simples “signes particuliers”. Imposées par la torture, ces barbaries n’ont rien à voir avec les sentiments profonds d’appartenance qui assurent la dimension sociale et humaine de l’identité. Seuls les cérémonies et le folklore qui les accompagnent peuvent abuser leurs victimes.

4/ L’amalgame entre signe particulier imposé (handicap ignoré) et signe d’appartenance ethnique

            Cet amalgame est dénoncé par ceux qui condamnent la circoncision des enfants. Cependant, ils admettent le plus souvent sa réalisation volon-taire à l’âge adulte. Ainsi, le 7 mai 2012, obtenant l’assentiment de cinquan-te six pour cent de la population allemande, le tribunal de grande instance de Cologne a condamné la circoncision des mineurs en Allemagne mais to-léré la circoncision à l’âge adulte.

            Il faut aller plus loin. La bioéthique élémentaire[14] [15] [16] [17] interdit toute mutilation sans “motif médical très sérieux”[18].On n’a ni le droit de mutiler quelqu’un ni celui de se mutiler soi-même, ce qui discrimi-ne soi-même et l’espèce humaine. Distinguer l’ethnie par une opération chi-rurgicale est une folie collective discriminatoire, hyper-raciste. La psychia-trie parlerait de syndromes de Stockholm et de Münchhausen (ce dernier par procuration[19]) transgénérationnels et collectifs[20] et la psychanalyse d’autopunition par mutilation sexuelle médicalement assistée (dans le meil-leur des cas). Les fanatiques adorateurs de Cybèle (Rome), ceux de la secte des Skoptzis (Russie) et les Hidjas (Inde) ne s’arrêtaient ou ne s’arrêtent pas (Hidjas) à l’ablation du prépuce ; ils tranchaient ou tranchent l’intégralité du pénis !

5/ L’amalgame anti-circoncision/anti-juif ou anti-musulman.

            Il sévit notamment dans la communauté juive, déniant l’existence du courant juif contre la circoncision illustré par la reine Jézabel et le roi Achab, les Séleucides (massacrés par les Macchabées), les partisans du baptême par l’eau avec Jean-Baptiste, Jésus Christ, Pierre et Paul, Spinoza, le leader libéral français Olry Terquem, les rabbins réformistes allemands du 19ème siècle autour de Samuel Holdheim et Abraham Geiger, et leurs ému-les aux Etats-Unis et en Israël, l’intellectuel Bernard Lazare, Kafka, les psy-chanalystes : Freud, Groddeck, Ferenczi, Reich, Bettelheim, Lewinter, Kristeva, Miller, Nathan, les philosophes Rosenberg et Derrida, les prix Nobel de médecine Crick et Wald, le professeur Minkowski, le pédiatre Naouri, Glick, la féministe Pollack, le psychologue Goldman, la juriste Weil-Curiel, le juge pour enfants Rosenczveig, l’universitaire Segal, le puissant mouvement juif états-unien contre la circoncision, les cinéastes Woody Allen, Ivan Attal, Nurith Aviv et Daniel Burman, les chanteurs Morice Benin, Leonard Cohen et Jean-Jacques Goldman, etc. Systématiquement utilisé par les traditionnalistes et religieux qui proclament que l’abandon de la circon-cision entrainerait la fin de la communauté, cet amalgame est le pire de tous, le plus paranoïaque, le plus dangereux. Il s’accompagne d’un chantage affectif de fanatiques qui font tollé : “Si l’on nous interdit la circoncision, nous quitterons le pays !” Comme si un quelconque marquage du corps pou-vait être une condition nécessaire de l’existence d’une religion ou d’un peu-ple. Pour exprimer l’appartenance à une religion ou une communauté, il y a des moyens plus intelligents que les marquages corporels.

II – Les croyances racistes des mutilations sexuelles

            Le Coran ne dit pas un mot de la circoncision. Mais il arrive que la pensée primitive fasse de la mutilation sexuelle une condition d’apparte-nance au groupe social :

“Un incirconcis n’est pas un homme.” dicton africain

1/ Une discrimination et un colonialisme religieux de droit divin

“A l’âge de huit jours, que tout mâle, d’entre vous, soit circoncis… ” Genèse, 17 : 12

Et le mâle incirconcis, qui n’aura pas retranché la chair de son ex-croissance, sera retranché lui-même du sein de son peuple pour avoir enfreint mon alliance.” Genèse, 17 : 14

            Proclamé par les religieux, le racisme artificiel de la circoncision judaïque est plus virulent et dangereux que le racisme ordinaire. Ses for-mes les plus impudentes sont l’idée d’une élection divine, la discriminatoire promesse d’un territoire et l’hégémonie, accordées en échange de la circon-cision par le Dieu de la Bible :

“… si vous gardez mon alliance, vous serez mon trésor entre tous les peu-ples… ” Exode, 19 : 5

“Et je donnerai à toi et à ta postérité la terre de tes pérégrinations, toute la terre de Canaan…” Genèse 17 : 8

“… tu seras le père d’une multitude de nations… ” Genèse, 17 : 5

            Opposant à cette idéologie raciste une autre idéologie tout aussi raciste, Hitler renversa la première proposition :

“Il ne peut pas y avoir deux peuples élus. Nous sommes le peuple de Dieu.”[21],

            Même si les autres religions se montrent à l’occasion plus barbares, le judaïsme est ainsi, en son principe même, la pire des religions, la plus raciste, la seule qui fasse d’une mutilation barbare la condition d’une iden-tité nationale ou ethnique paradoxalement décrétée par un “Dieu” qui au-rait décidé de rectifier une infime minorité de sa création pour discriminer le reste. Dans une lettre à l’agence juive de Vienne par laquelle il refusa de prendre publiquement position pour le sionisme (il envoya une lettre iden-tique à Einstein qu’il a d’ailleurs convaincu), Freud a dénoncé cet apartheid judaïque illustré par l’invasion sioniste dont il condamne le fanatisme, le racisme et le colonialisme :

“Je constate avec regret que le fanatisme irréaliste de notre peuple est en partie responsable de l’éveil de la méfiance des arabes. Je ne puis trou-ver en moi l’ombre d’une sympathie pour cette piété fourvoyée qui fabrique une religion nationale avec les restes du mur d’Hérode, heurtant les senti-ments des populations indigènes…” [22]

Seuls des racistes par “droit divin” autoproclamé peuvent ne tenir aucun compte des sentiments, pour ne pas dire plus, du peuple palestinien. Le pire est que certains justifient ce racisme par l’extermination nazie ; ce n’est pas le cas de Norman Finkelstein[23], Noam Chomsky, Ilan Pappé et Benny Morris.

2/ Une discrimination dénoncée par la psychanalyse et la philosophie

            La création artificielle d’une particularité physique isole l’ethnie des autres ethnies et plusieurs auteurs juifs ont mis en lumière le fait que la cir-concision génère le racisme :

– dans un chapitre où il est le premier dans l’histoire à souligner les in-convénients de la circoncision pour la fonction sexuelle, le philosophe Maïmonide fait très paradoxalement un lien entre circoncision et mono-théisme, alors qu’elle a été une coutume du polythéisme et de l’animisme bien avant l’avènement du judaïsme. On doit penser qu’insidieusement, voire ironiquement, il fustige le caractère discriminatoire de l’opération et la dénonce comme pratique communautariste :

“La circoncision a, selon moi, un autre motif très important : elle fait que ceux qui professent cette idée de l’unité de Dieu se distinguent par un mê-me signe corporel qui leur est imprimé à tous, de sorte que celui qui n’en fait pas partie ne peut pas, étant étranger, prétendre leur appartenir.”[24]

– au dix-septième siècle, Spinoza constate :

“… les Juifs ayant vécu à part de toutes les nations de façon à s’attirer la haine universelle et cela non seulement par l’observation de rites exté-rieurs opposés à ceux des autres nations, mais par le signe de la circonci-sion… “[25]

– en 1909, Freud a dénoncé le danger d’un racisme généré dès l’enfance chez les non-juifs par la circoncision :

“Le complexe de castration est la plus profonde racine inconsciente de l’an-tisémitisme, car, dans la nursery déjà, le petit garçon entend dire que l’on coupe aux Juifs quelque chose au pénis – il pense : un morceau du pénis – ce qui lui donne un droit de mépriser les Juifs.”[26]

– en 2001, en termes philosophiques, Rozenberg[27] a étendu la remarque aux adultes incluant les Juifs eux-mêmes :

“… l’altérité du Juif se confronte au semblable, et n’a d’équivalent que celle de la femme.”,

“Le peuple juif dérange et effraye car il représente l’Autre. Cette équivalen-ce désigne précisément le lien thématique qui relie le mythe et la psychopa-thologie, eux-mêmes constituant des épiphénomènes d’une double crise d’identité sexuelle et culturelle. Cette équivalence provoque dans les deux cas une fantasmagorie portant, d’une part sur la différence anatomique, perceptible aussi bien chez la femme que chez le Juif circoncis, et d’autre part sur un attachement à la matérialité naturelle et charnelle qu’ils incarnent pareillement.”

3/ Une discrimination quasi-naturelle stigmatisée par Zagdanski

            En 2002, Reyes et Zagdanski, dans un ouvrage accessible au grand public,ont dénoncé cette conséquence inéluctable de la circoncision chez les jeunes garçons juifs :

“Dans ma tête de gamin, un pénis non circoncis, ça ressemblait à un sexe de chien, l’aspect irrégulier, le petit bout rouge vif… Ca ne me paraissait vrai-ment pas esthétique comparé à mon pénis à moi ou à celui de mes frères… Sensation d’une grande différence, donc… entre moi et les non-Juifs, la majorité. Autrement dit entre moi et tous les autres. Avec tout de même un léger complexe de supériorité à cause de cette révélation-là, à savoir que les pénis des non-Juifs ressemblaient à des sexes de chiens.”[28]

Chez Zagdanski enfant, la circoncision, par l’inconscience d’un handicap renversé en avantage, a généré un sentiment de supériorité ethnique d’ordre quasi-biologique. Cette croyance intime, émotionnelle, n’a même pas besoin de recourir aux justifications religieuses mais comme celles-ci s’y ajoutent, on est en présence de la pire des discriminations : discri-mination de l’enfant, de la communauté, et de l’humanité entière. L’incul-cation aux enfants de cette discrimination quasi-automatique est la plus monstrueuse conséquence de la pédocriminalité circonciseuse.

4/ Les réactions d’autres grands penseurs

            De nombreux autres penseurs ont pris position contre cette abomi-nation :

“… non seulement le corps de l’enfant ne nous appartient pas mais… son sexe nous appartient encore moins.” Françoise Dolto[29]

“Dans la société occidentale, la circoncision est imposée à l’enfant sans dé-fense auquel elle n’offre aucun avantage déterminé et pour qui elle est, en conséquence, indésirable et menaçante…” Bruno Bettelheim[30]

“Car c’est une chose barbare que d’accueillir un nouveau-né au couteau, par une mutilation délibérée.” Georges Wald, prix Nobel de médecine

“Comment un être qui a été agressé de cette façon, alors qu’il était totale-ment sans défenses, pourrait-il se développer en une personne calme, ai-mante, confiante ? En effet, il ne sera jamais capable de faire confiance à personne dans la vie, il sera toujours sur la défensive, incapable de s’ouvrir aux autres et à la vie.” Frédérick Leboyer[31]

“… la circoncision est une épouvantable agression pratiquée sans anesthé-sie et qui ne peut que laisser un souvenir aussi inconscient qu’abominable à l’être qui l’a subie et en fait un esclave à vie.” Frédérick Leboyer[32]

“Une autre conséquence psychologique de la circoncision précoce est qu’elle imprime dans l’esprit du nouveau-né une situation agressive et traumatique… L’impossibilité d’appréhender une aussi effroyable intro-jection d’agression dirigée vers l’intérieur peut conduire, a posteriori, à l’émergence de comportements psychopathes et violents ou, dans de nom-breux autres cas, à l’émergence d’un masochisme extrême.”

Moisés Tractenberg[33]

Les trois suivantes traitent du racisme réciproque provoqué par les mutilations sexuelles :

“Les pratiques rituelles de circoncision et d’excision ont des effets qui attei-gnent non seulement l’individu et sa descendance, mais même les autres hommes.” Alice Miller[34]

“… (le handicap) confronte chacun de ceux qui ne sont pas atteints par ces incapacités à l’angoisse de castration, à l’horreur de la blessure narcissique, et, au delà, à l’irrémédiable de la mort psychique ou physique, creusant ain-si la plus intraitable des exclusions.” Julia Kristeva[35]

“Mais une personne privée ne peut pratiquer une telle ablation (mutilation d’un membre), même avec le consentement du patient; ce serait commettre une injustice envers la société, à laquelle l’homme appartient avec tous ses membres.” Saint Thomas d’Aquin8

            Mais ce sont Freud et Roheim qui ont fait les observations les plus profondes concernant les rituels sexuels de séparation d’avec la mère à valeur de menace de castration/exclusion :

“Les effets de la menace de castration sont multiples et incalculables ; ils affectent toutes les relations d’un garçon avec ses père et mère et par la suite avec les hommes et les femmes en général.”Sigmund Freud[36]

avec cette note de bas de page :

“… La coutume primitive de la circoncision, un autre substitut de la castra-tion, ne peut être comprise que comme l’expression d’une soumission à la volonté paternelle… “

Cette condamnation radicale de la circoncision reste discrète et ne souligne pas que, consistant en un début d’exécution, la circoncision est la pire des menaces de castration. Mais ce n’est pas le fils qui se soumet au père ; c’est le père qui se soumet au grand-père, notamment par crainte d’être déshéri-té.

Roheim est allé plus loin en insistant sur le grand danger de la circoncision pour le développement personnel :

“… la surabondance des rituels traitant de ce thème (l’oralité) est un camou-flage du complexe d’Oedipe.”[37]

Il revient enfin à Tobie Nathan d’avoir tiré les conséquences psychologiques et politiques du phénomène en comparant la circoncision à l’initiation na-zie ; l’initiation par le sadisme est une initiation à la barbarie :

“Himmler ignorait qu’il nourrissait des pulsions sadiques, c’est l’initiation qu’il a reçue dans le corps des SS qui les lui a révélées… La combinaison de ces trois niveaux (l’émotion ponctuelle, et sa capacité à déclencher la per-plexité, l’attaque contre des parties du corps fortement investies et sa capacité à déclencher “l’angoisse de castration”, les énoncés paradoxaux et leur capacité à déclencher la confusion) est indispensable à l’expulsion d’un sujet de son enveloppe de sens.” [38]

Comment mieux dire que la circoncision risque de déstabiliser gravement l’individu, et l’humanité entière comme le prouvent tous les jours les divers terrorismes alimentés par  les sociétés religio-féodales circonciseuses ? Ces observations expliquent pourquoi, chez les personnes sensibles en particu-lier (féministes, extrême-droite), les mutilations sexuelles provoquent une aversion qui peut aller jusqu’à la haine, éventuellement sexiste, la plus fa-rouche.

5/ Les réactions légales

            “Acte de torture et de barbarie” (code pénal), toute mutilation sexuel-le commence par un viol :

“Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol.” Article 222-24 du code pénal

“Le viol est puni de la réclusion criminelle a perpétuité lorsqu’il est précédé, accompagné ou suivi de tortures ou d’actes de barbarie.” Article 222-26 du code pénal

Mais la mutilation sexuelle est aussi une violence domestique.

“Le fait de soumettre une personne, dont la vulnérabilité ou l’état de dépen-dance sont apparents ou connus de l’auteur, à des conditions de travail ou d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 150 000 Euros d’amende.” Article 225-14 du code pénal

Enfin,

“L’enfant doit être protégé contre les pratiques qui… peuvent pousser à la discrimination raciale, à la discrimination religieuse ou à toute au-tre forme de discrimination.”

Principe 10 de la Déclaration universelle des droits de l’enfant de l’ONU

L’article 3 – 2 – b (Droit à l’intégrité de la personne) de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne met le doigt sur le cœur du problème en décrétant :

“… l’interdiction des pratiques eugéniques, notamment celles qui ont pour but la sélection des personnes”

            Cependant, comme les mutilations sexuelles sont commises d’une part dans une folie collective, d’autre part en amour, “pour le bien de l’en-fant”, et donc sans intention de nuire, la loi pénale est inapplicable. En con-séquence, la jurisprudence qui considère la tradition comme une simple cir-constance atténuante est illégale, ethnocentriste et paternaliste. Le seul moyen de réprimer les mutilations sexuelles est d’accorder des dommage et intérêts conséquents aux victimes et de dénoncer leur visée endogamique et discriminatoire. Malheureusement, la loi ne considère pas encore la mu-tilation sans “très sérieux motif médical” comme une discrimination, elle doit le faire.

6/ La croyance en une supériorité morale, et même intellectuelle, résul-tant des mutilations sexuelles est l’élément central d’une pensée racis-te qui exclut et méprise les “non-circoncis”

            Discriminatoires, les mutilations sexuelles sont aussi des conditions sine qua non d’appartenance, sous peine d’exclusion de la communauté, sanction du groupe envers leurs opposants. Elles s’accompagnent d’un sen-timent de supériorité qui aide les handicapés sexuels à surmonter le trau-matisme de l’opération et, pour la majorité des femmes notamment, la dé-pression et la tristesse provoquées par une sexualité le plus souvent anéan-tie. En corollaire, la mutilation est à la fois une condition du mariage et une barrière au mariage hors du groupe, grand souci d’un racisme qui va jus-qu’à interdire les cimetières aux étrangers, voire à leur refuser l’inhu-mation sur le territoire national (islam). La supériorité prétendument conférée par la mutilation sexuelle est affirmée dans la Bible (dogme de l’élection). Le rabbin Kuschner a ironiquement déclaré[39] que la circonci-sion donne plus de chances d’avoir un prix Nobel,ce qui lui valut une cing-lante réplique de Christopher Hitchens. Selon certaines rationalisations pseudo-philosophiques, la circoncision inscrirait l’homme dans la di-mension du manque (sic[40]). Maïmonide et Philon d’Alexandrie soutien-nent qu’elle confère à l’individu vertu, élévation d’esprit, pureté, chas-teté et même une fidélité qui s’accommode (musulmans) ou s’accommo-dait cependant de la polygamie (juifs jusqu’au XIVème siècle) :

“Ce commandement n’a pas été institué pour corriger une déficience congénitale mais une déficience morale.” Maïmonide[41]

En un mot, les “non-excisées” sont des putains et les “non-circoncis” des dé-bauchés ! La référence à l’ordre moral est explicite. Cette croyance fantas-matique semble à l’origine de l’affirmation de Freud, même lui, d’une capa-cité supérieure des Juifs pour la spiritualité[42]. Les mâles de la planète se-raient partagés entre de grands mystiques sexuellement mutilés et les au-tres hommes, bassement terre à terre d’avoir conservé leur prépuce. Para-digme de ce mépris, l’insulte banale : “chien d’incirconcis,” témoigne du fait que dans l’imaginaire circonciseur, la mutilation différencie l’homme de l’animal. Les oiseaux sont certes dépourvus de prépuce mais la circoncision ne semble pas donner les ailes de l’ange.

            Cette superstition trouve son origine dans l’assimilation de la sexua-lité, et tout particulièrement de l’autosexualité, au péché. Cette conception nauséeuse, génératrice des addictions et perversions, notamment de la pédophilie, est le terrain d’élection du sexisme et de la violence envers les femmes. Cette dernière demande une étude spécifique, ici référencée[43]. Elle repose sur l’ignorance et/ou la culpabilité des plaisirs aussi intenses qu’exquis procurés par les organes spécifiques de l’autosexualité. Dans sa préface à un ouvrage italien intitulée “Le sexe mutilé”, Élisabeth Roudinesco en fait l’éloge :

“…si, au cours de la seconde moitié du XXème siècle, la mas……..n a cessé d’être classifiée comme une maladie mentale, grâce en bonne part à la théorie freudienne, elle est désormais revendiquée, par de nombreux mou-vements de libération postfreudiens, comme l’expression la plus pure d’une sexualité qui, enfin débarrassée des oripeaux de la morale puritaine, autori-se un plaisir illimité, sans risque de contamination, sans procréation, sans partenaire encombrant.

Symbole de l’individualisme moderne, le sexe solitaire peut enfin être vu – en particulier sur internet – comme une découverte de soi ou un exil qui tombe dans la mélancolie. En l’espèce, le “danger substitué”, réduit par Freud à la banalité polymorphe de l’enfance, est devenu l’emblème d’une (sexualité)(*) élevée en éthique de la liberté.” [44],

Mais elle continue étrangement à qualifier l’autosexualité de perversion et de pratique mélancolique. Une profonde culpabilité inconsciente pèse sur l’autosexualité. Le chapitre de son cours au Collège de France[45] que Michel Foucault consacre à la répression de l’autosexualité semble un canular. Utilisant le terme “mas……..n”, il s’en prend avec acuité au christianisme, à l’ordre médical, à l’excision et à la circoncision pratiquées par ce dernier au XIXème siècle, sans dire un mot de la circoncision rituelle ! L’intitulé de son cours étant “Les anormaux”, devons-nous penser qu’il considère la circonci-sion de masse comme normale dès lors qu’elle est traditionnelle ou religieu-se.

            Cette culpabilité alimente le mépris réciproque entre circoncis et “non circoncis”. Le psychiatre Michel Erlich signale que “goy”, “incirconcis” et “chien d’incirconcis”, sont des injures graves[46]. Cette prétention de supé-riorité dégénère parfois en snobisme, ainsi au Royaume-Uni où la circonci-sion se répandit d’abord dans la noblesse, et aux États-Unis où elle est un critère de standing social. Elle est consacrée par la langue : l’entier n’est ja-mais désigné comme tel mais comme “non” ou “in” -circoncis, avec la conno-tation de manque attachée à la ngation. Un comble a été atteint par Jacques Derrida lorsque, dans un épisode dépressif il est vrai, il en est venu à se de-mander si sa décision de ne pas faire circoncire ses fils n’allait pas les faire souffrir d’un “manque de manque”[47] ! Cette inversion (déni) des réalités est caractéristique de la perversion. N’est-il pas pervers, en effet, de se pré-tendre “élu de Dieu” pour se rassurer sur sa différence en diminuant l’autre par une nomination humiliante ? Un principe fondamental du droit s’appli-que à cette pseudo-spiritualité :

“Nul ne saurait se prévaloir de sa propre turpitude.”

Cette conviction de supériorité ne s’arrête pas là. De toute antiquité, les cir-concis se croient plus propres :

“Aussi ni homme ni femme en Égypte ne consentirait à embrasser un Grec sur la bouche, pas plus qu’à user… du couteau d’un Grec.” Hérodote[48]

Les intacts sont supposés lubriques, impurs et même sales ! Le préjugé, populaire chez les sexuellement mutilés, que les intacts sont des “masturba-teurs sans hygiène”, n’est pas de nature à défavoriser le racisme. Les circon-cis plongent pourtant sans appréhension leur organe dans le féminin qui, à les suivre, serait un bouillon de culture. Ils font également courir la rumeur selon laquelle ils accompliraient des prouesses sexuelles. Quoi qu’il en soit, une supériorité reposant sur une différence physique est une supériorité de type raciste. Ce n’est pas le prépuce qui sent le fromage (pas plus que la vul-ve en tout cas), c’est la circoncision qui pue le racisme.

7/ La visée endogamique

            Nous ne sommes pas seulement en présence de racisme. Nous som-mes également confrontés à une manipulation sexiste. En effet, les jeunes femmes croient facilement aux préjugés selon lesquelles les “non-circoncis” seraient sans hygiène, mauvais amants, débauchés et, dans les cultures qui pratiquent la circoncision après l’âge de la parole, lâches (“Un incirconcis n’est pas un homme.” proverbe africain). Si bien que l’étranger peut diffici-lement épouser une africaine, une musulmane ou une juive. Comme recon-nu et même dénoncé par le canular historique de Maïmonide, ces supersti-tions et rumeurs sont l’œuvre d’un patriarcat qui, dans l’illusion de renfor-cer la cohésion et la perpétuation de la communauté, vise à s’assurer la pos-session des femmes par l’endogamie.

            Ce racisme est clairement affirmé pour l’excision féminine pour la-quelle, dans nos pays, les parents affirment : “Si on ne le fait pas, elles ne trouveront pas de mari.”, sous-entendu dans l’ethnie ! On peut en dire au-tant de la circoncision : “Si nous ne le circoncisons pas, il ne trouvera pas à se marier.”, sous-entendu “dans la communauté”. Un racisme chirurgicale-ment fabriqué est le comble du racisme.

8/ La visée sexiste

            Par-dessus le marché, la circoncision a pour but profond de séparer l’enfant de la mère, du monde des femmes et de l’enfance. C’est là que rési-de l’intention la plus odieusement sexiste, la plus criminelle, la plus abjecte, la plus contraire à la vie, à l’amour, à la tendresse, au meilleur de l’existen-ce. Il s’agit d’orienter les affects de l’enfant vers le monde des hommes, des laboureurs et des fabricants, en excluant les femmes pour mieux les domi-ner elles et eux.

            Cette attitude discriminatoire reste inconsciente et déniée par les masses mais elle est consciente et résolue chez l’élite extrémiste (extrême-droite). Il est caractéristique que la discriminationethnique des mutilations sexuelles amène les africains fanatiques de ces traditions à traiter de “blancs” les militants noirs contre l’excision. Les mutilations sexuelles sont moins religieuses que sectaires. Elles visent à refermer le groupe sur lui-même pour assurer le pouvoir des chefs. Cette arrogance sexiste et raciste est cultivée par des élites religio-politiques qui tiennent à la circoncision comme à la prunelle de leurs yeux parce qu’elle est au fondement de leur pouvoir. Elles l’utilisent délibérément comme technique de manipulation des masses :

“On sait combien les hommes s’aiment et s’entraident quand ils ont tous la même marque distinctive qui est pour eux une sorte d’alliance et de pacte.” Maïmonide[49]

L’expression “une sorte d’alliance” montre que Maïmonide ne croit pas, et même ironise amèrement, sur la nature divine du commandement  imposé à Abraham.

            Séparant le groupe des autres par l’affichage d’une petite mais signi-fiante différence qui flatte et exacerbe le narcissisme du groupe, un hyper-racisme trouve dans les mutilations sexuelles un mode d’expression privilé-gié. Excision et circoncision sont une discriminationet un sexisme artificiels masqués derrière religion, tradition, culture et folklore. Ce chauvinisme sournois est solidement ancré dans l’esprit tant par l’étroitesse de son lien avec le pesant tabou de l’autosexualité que par le déni par l’homme (la fem-me) de sa propre féminité (masculinité). Il est renforcé par une crainte in-consciente de la castration et de la mort, générée chez les victimes comme chez leurs voisins.

III – Les conséquences : haine et violence,

l’explication psychanalytique

“Si la haine crée l’objet, elle est aussi ce qui menace le plus violemment son existence. Parce qu’elle fait de l’identité de soi à soi un concept exclusif, voire fétichisé, la haine porte en elle le rejet de toute altérité. Quand elle se fait l’alliée d’un narcissisme des petites différences, elle devient le vecteur d’une pureté qui ne tolère plus aucune bigarrure, aucun mélange. Pureté de la race, purge, épuration ethnique, le pur et la haine habitent les mêmes contrées.”[50]

            L’exclusion appelle la haine. Spinoza et Freud ont dénoncé la circoncision comme source de haine de la part des peuples voisins. Cette haine est réciproque. Cause de pathologie collective : syndrome de Münchhausen par procuration et syndrome de Stockholm transgénéra-tionnels et collectifs, la circoncision génère une violence particulièrement élevée. Il n’y a pratiquement jamais de génocides entre intacts mais sur les vingt-sept génocides des temps modernes : Circassiens (musulmans) (1860), Congolais (1870), Héréros (1904-07), Grecs (1921-23), Assyriens (1914-25), Arméniens (1915), Serbes (1941-45), Juifs (1942-45), Roms (1942-45), Tchétchènes (1944-48), Indiens (Inde-Pakistan, 1947-49), musulmans (Inde-Pakistan, 1947-49), communistes indonésiens (1965), Biafrais (1966-68), Guinéens (1968-79), Bengalis (1971), Hutus (1972), habitants de Borneo-Est (1975-79), Kurdes (1988-89), Bengalis (1990-2000), Bosniens (1991-95), Tutsis (1994), habitants du Darfour (2003), Kurdes d’Irak (2005), Rohingyas (2012-15), Yazidis (2015), chrétiens du Nigeria (2011-2019), vingt-six (96%) ont impliqué des circoncis d’un côté au moins et sept des deux côtés. Les cir-concis en ont perpétré quinze, dont huit contre des intacts. L’exception tzigane étant discutable puisque certains d’entre eux sont circoncis, la corrélation entre génocide et circoncision est quasi absolue. Toutes les guerres entre 1996 et 2002 ont concerné au moins un pays circonciseur. Leur fréquence fut plus de trois fois plus élevée dans les pays circonciseurs. La peine de mort y est deux fois plus répandue. Ils sont les seuls à pratiquer l’excision[51]. En Norvège, entre 2006 et 2010, deux pour cent de la popula-tion qui sont circoncis ont commis cent pour cent des viols sur quatre vingt dix pour cent de norvégiennes de souche. Le Congo circoncis détient le re-cord du monde du viol : 400.000 en un an. Les mutilations sexuelles sépa-rent l’enfant de la mère par la violence à l’âge de l’attachement. C’est mons-trueux, le résultat est catastrophique. La circoncision est le terreau du sexis-me, du racisme, de la paranoïa (réciproque), du fanatisme et du terrorisme de groupe ou d’état. Elle fait l’équilibre de la terreur et la fortune des mar-chands de canon. L’holocauste des prépuces est responsable de tous les au-tres.

La psychanalyse explique pourquoi la circoncision pousse au génocide

            Mais il n’y a pas seulement corrélation, il y a aussi causalité entre circoncision et génocide. Car la forte corrélation est logique ; une atteinte collective et volontaire au corps humain crée un sentiment de supériorité chez ceux qui la pratiquent et le sentiment inverse chez les autres. La psychiatrie parlera de folie collective sans rien expliquer mais la psychana-lyse nous éclaire. Freud a en effet énoncé une théorie du racisme généré par la circoncision qu’il suffit de pousser à son terme pour comprendre la folie génocidaire :

“L’hypothèse selon laquelle nous pouvons aussi chercher ici une racine de ces haines des Juifs qui émergent de façon si primaire et génèrent des com-portements si irrationnels chez les occidentaux, me paraît incontournable. La circoncision est inconsciemment assimilée à la castration.”[52],

Mais puisque, selon lui et les résultats de la clinique psychanalytique, l’in-conscient assimile la partie au tout, alors, la menace de castration de la cir-concision est aussi une menace de mort. Exercée sur l’ensemble d’une eth-nie, cette menace de mort individuelle devient, par addition, une menace d’extermination du groupe tout entier, immédiatement projetée par l’in-conscient sur le groupe adverse. La circoncision est ainsi un pousse au gé-nocide réciproque.

            Pour psychologiser, la circoncision est une technique de domination du groupe sur l’individu particulièrement monstrueuse en ce que, au nom d’une moralité puritaine, dévoyée et inversée, elle inscrit la raison du plus fort contre le plaisir et la vie. De ce fait, la pulsion de domination banale, qui se contenterait d’asservir l’ennemi, dégénère en une pulsion de destruc-tion des groupes extérieurs, paradoxalement considérés comme purement nuisibles du fait d’une différence considérée comme essentielle (d’où les “islamisations” par mutilation forcée, des deux sexes éventuellement). Le phénomène inverse se produit autant de la part des autres groupes circon-ciseurs que de celle des groupes non-circonciseurs.

            Freud a donc posé les jalons de l’analyse du phénomène et sa con-damnation du sionisme montre qu’il en a pressenti les deux versants.

            L’abolition de la conscience individuelle (la banalité du mal d’Hannah Arendt) relevée par Mazarine Pingeot est ainsi une soumission à l’inconscient qui, gouverné par des règles aussi rigoureuses que celles de l’éthique, ignore le bien et le mal. La banalité de la circoncision est directe-ment responsable de la multiplication des génocides. Les plus récents, tou-jours au contact de la circoncision, sont celui des Yazidis, celui en cours au Darfour et celui des Rohingyas. Deux, réciproques et atomiques, menacent (Palestine, Corée).

La réciproque : le racisme judiciaire

Mettre en prison les exciseuses, c’est comme si, pour abolir la peine de mort, on mettait le bourreau en prison.

“La solution de la répression proposée par l’État (égyptien) a conduit des gens à pratiquer l’excision en cachette.” Aliaa Shams

            La position actuelle des organisations internationales : Organisation mondiale de la santé, Unicef, Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés et Commission des droits de l’homme de l’ONU au sujet des mutila-tions sexuelles est d’inviter à leur répression (résolution 1247, point 3 : http://assembly.coe.int/nw/xml/XRef/Xref-XML2HTML-FR.asp?fileid=16914&lang=FR).

            La jurisprudence considère les traditions culturelles comme une sim-ple circonstance atténuante mais,

– d’une part les mutilations sexuelles doivent être considérées à la fois com-me un syndrome de Stockholm transgénérationnel et sociétal et comme un syndrome de Münchhausen par procuration transgénérationnel et collec-tif[53]. Leurs victimes-auteurs doivent donc être considérés comme irres-ponsables et l’article 122-2 du code pénal s’applique :

“N’est pas pénalement responsable la personne qui a agi sous l’empire d’une force ou d’une contrainte à laquelle elle n’a pu résister.”

– d’autre part les mutilations sexuelles sont pratiquées sans la moindre intention de nuire et l’article 121-3 du code pénal s’applique :

“Il n’y a point de crime ou de délit sans intention de le commettre.”

            Or en condamnant les exciseuses, la justice présume qu’une tradition culturelle multimillénaire serait accomplie avec l’intention de nuire. Un procureur de la république a justifié cette position en déclarant publique-ment: “L’amour et la violence sont incompatibles.” C’est inexact ; c’est le plaisir et la violence qui sont incompatibles. C’est de l’ethnocentrisme ou du culturalo-centrisme caractérisé. Personne ne peut reprocher aux parents musulmans ou juifs d’avoir l’intention de nuire à leurs garçons par la cir-concision. En se prononçant différemment pour les filles, la justice se mon-tre sexiste et raciste.

            Les traditions culturelles ne sont pas une circonstance atténuante mais un motif d’exclusion de la loi pénale. Passant outre deux grands prin-cipes de cette dernière, les jurisprudences qui condamnent les exciseuses sont illégales et hypocrites. Mettre les mutilateurs en prison est de l’ethno-centrisme paternaliste, du “racisme” de “La case de l’Oncle Tom”. La justice devrait seulement condamner à des amendes et des dommages et intérêts civils conséquents, comme cela a eu lieu dans la décision qui a temporaire-ment mis fin à la circoncision en Allemagne en 2012. Cependant, la loi dev-rait ajouter les mutilations sexuelles dans la liste des discriminations de l’article 225-1 du code pénal.

Conclusion

            “Mais pourquoi tant de haine ?” a demandé Roudinesco[54], parais-sant ignorer la réponse donnée par Spinoza et Freud : à cause de la circon-cision. Lorsqu’on subit l’agressivité insultante des religieux qui qualifient d’antisémites toutes les tentatives des défenseurs des droits de l’enfant pour abolir la pratique, on reste atterré par l’occultation du message de Freud commise par l’ensemble des psychanalystes, freudiens orthodoxes et laca-niens malgré Lacan[55], qui refusent de condamner publiquement la cir-concision au prétexte que cela angoisserait certains de leurs patients. Eliacheff et Winter sont allés jusqu’à dénaturer le passage où Lacan ironise acerbement contre ses adversaires pro-circoncision de la Société psychana-lytique de Paris : “Rien de moins castrateur que la circoncision !”[56]

            Plus fascistes que le fascisme puisqu’elles visent les enfants, les muti-lations sexuelles sont insupportables aux fascistes. Mais les démocrates ne peuvent les tolérer. Prenant pour alibi les festivités du folklore, ces ordalies sont imposées par des élites militaires et religieuses au comportement ado-lescent. Elles ont un caractère sexiste. Elles considèrent femmes et enfants comme les objets d’un droit de propriété. Elles n’accueillent pas l’enfant dans une société régulée par la différence des sexes et des âges mais socia-lisent ou affilient par le traumatisme d’une initiation militaire barbare qui enrôle pour le sadisme, la guerre et le terrorisme. Elles sont ainsi encoura-gées par les régimes tyranniques qui s’en servent d’incitation à la violence et de signe de ralliement. Le signe communautaire est toujours un appel au nationalisme, un signe de guerre, de possession de l’individu par le groupe et d’exclusion des étrangers. Les mutilations sexuelles font porter au peu-ple, au sens propre, le chapeau d’une culpabilité inexistante : écharpe, voile, burka, kippah, tatouages, obésité forcée, lèvres buccales ou vulvaires éti-rées, seins repassés, scarifications, dents cassées, pieds bandés, luettes, cli-toris et prépuces coupés, peine de mort, aux armes et cetera… Cette escalade de techniques de manipulation des esprits par le marquage et la mutilation des corps est le pire instrument de la guerre des générations. Il assujettit les besoins humains aux intérêts des classes et générations dominantes.

            La répression de l’autosexualité par le matriarco-patriarcat puritain est une maladie planétaire. Et le racisme est d’autant plus arrogant qu’il s’appuie sur des mutilations qui visent à soumettre le peuple en assurant aux hommes la possession des femmes. Les mutilations sexuelles ne sont pas à proprement parler racistes mais cherchant à fabriquer des surhom-mes prétendus moralement supérieurs, elles sont un racisme artificiel plus raciste que le racisme, du néo-Gobineau mis en œuvre par Mengele, soit un racisme à la puissance dix, le comble, le paradigme du racisme, allant jus-qu’à exclure ses propres enfants qui refuseraient la mutilation. Fonder une identité collective sur une atteinte à celle de l’espèce n’est pas seulement dégradant en soi, c’est surtout discriminatoire, par une double discrimina-tion : subie par les victimes, exercée sur les opposants ou les peuples voi-sins. Les peuples qui se taillent au couteau une soi-disant identité sur le corps de leurs enfants offensent le reste de l’humanité. Exercé collective-ment au nom de Dieu et/ou de la tradition, cet hyper-racisme est une mons-trueuse abomination, génératrice de terrorisme parfois étatique et d’un contre-racisme tout aussi venimeux.

            Cause d’un racisme systémique à l’échelle mondiale, les mutilations sexuelles, la circoncision tout particulièrement, sont un cancer qui ronge la planète. Perpétrées sur les enfants, elles sont un crime contre l’humanité pour la première fois dénoncé en 1989 par les participants au premier sym-posium de NOCIRC :

“Le plus grand crime contre l’humanité est la torture et la mutilation des en-fants.”[57]

suivis en 1990 par Alice Miller :

“… la société… a dit oui jusqu’à présent aux plus grands crimes de l’humani-té.”[58]

et le 10 juin 2004, par l’Académie nationale de médecine[59] lors du Colloque : “Les mutilations sexuelles féminines, un autre crime contre l’humanité”.

Lorsque, le 30 janvier 2014, nous avons fait part au psychanalyste Alain de Mijolla du titre de notre ouvrage “Les mutilations sexuelles féminines et masculines, le plus grand crime contre l’humanité”, il a déclaré :

“Ca, c’est bien vrai !”

            Vu l’âge des victimes, c’est le seul crime contre l’humanité dont per-sonne ne se plaint. C’est aussi le seul qui, perpétré dans des croyances et/ou folies collectives aveugles, sans intention de nuire mais en amour et “pour le bien de l’enfant”, n’est pas punissable. Privation du plaisir pour les fem-mes, menace de castration pour les hommes, c’est une menace de mort pour les individus et d’extermination réciproque pour les groupes.

            L’abolition de ces crimes contre l’humanité est une étape dans la lutte contre la répression de la sexualité et pour le droit de la personne humaine à la libre disposition de son corps, au respect de son intégrité physique, sen-timentale et mentale et de son droit au plaisir. Dans une société civilisée, l’abolition des châtiments corporels doit être étendue aux enfants. On ne doit pas toucher à un seul de leurs cheveux et la médecine n’a pas le droit de prêter l’autorité de la science à des rituels primitifs. Fondamentaux, les droits au corps et au plaisir doivent figurer dans l’article 1 de la Déclaration universelle des droits de la personne humaine :

“Tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits, en premier lieu le droit au corps et le droit au plaisir, dans leur trois dimensions d’intégrité, di-gnité et autonomie.”

J’ai envie de ressembler à mon papa ; il ne m’a pas circoncis.

ARTICLES LIES:

Violence et circoncision

Génocide et circoncision, causalité et corrélation quasi absolue

Terrorisme et circoncision, circoncis d’abord fanatisés ensuite ; la circoncision fait des hommes des armes de guerre (psychanalyse du terrorisme)


[1] Veil S. Préface au supplément au Bulletin de l’Académie nationale de médecine : Les mutilations sexuelles féminines, un autre crime contre l’humanité. 2004, 188 (6).

[2] La CNCDH réaffirme son soutien à la lutte contre l’excision

[3] Le droit des enfants à l’intégrité physique

[4] Avis sur les mutilations sexuelles féminines

[5] Bertaux-Navoiseau M. Lèvre érogène et protectrice d’érogénéité, le prépuce est un organe sexuel ; son excision est une mutilation.

[6] Bertaux-Navoiseau M. Sondage : 82% des circoncis ignorent les petits orgasmes en série, 91% des intacts en jouissent.

[7] http://ulwaluko.co.za/Photos.html

[8] Pollack M. Circumcision, identity, gender and power.

http://www.huffingtonpost.com/miriam-pollack/circumcision-identity-gen_b_1132896.html

[9] Bonomi  C. Castration, circoncision et origines de la psychanalyse. Dans Le Coq-Héron 2014/4, 203), p.16-44. https://www.cairn.info/revue-le-coq-heron-2010-4-page-16.htm?fbclid=IwAR2PlqCiYm9WpsF8xHH3k0P_Wa5svaKvRqO428dphRLQJ9M0C-VLkEyUuCk

[10] Reyes A., Zagdanski S. La vérité nue. Paris : Pauvert ; 2002. p. 145-46.

[11] Lacan J. Séminaire L’angoisse, séance du 19 Décembre 1962.

[12] Maïmonide. Le guide des perplexes. 1190. Paris : Verdier. III, ch. 49.

[13] Denis P. Le narcissisme. Paris : PUF, Que sais-je ; 2012. p. 114 et 116.

[14] Saint Thomas d’Aquin. Summa Theologica. 1273.

[15] Haas J. The totality and integrity of the body. Ethics & Medics 1995, 20.2.

[16] Austriaco N. Requests for elective amputation. Ethics & Medics 2011, 36.2.

[17] Peters E. Canon law and apotemnophilia. Ethics & Medics 2011, 36.2.

[18] Article 41 du code de déontologie médicale.

[19] Matteoli R. Blood Ritual, the Münchhausen complex. Nunzio press; 2008.

[20] Bertaux-Navoiseau M. Les mutilations sexuelles, une dangereuse folie collective et transgénérationnelle, un syndrome de Münchhausen par procuration et un syndrome de Stockholm aggravé

[21] Hitler A. Mein Kampf, réédition, Paris : Les Editions Latines ; 1979, p. 306-15.

[22] Lettre de février 1930 à Chaim Koffler. Freudiana 1973 : 19.

[23] Finkelstein N. “I don’t like to play the holocaust card”

[24] Maïmonide. Le guide des perplexes. 1190. Paris : Verdier. III, ch. 49.

[25] Spinoza B. Traité théologico-politique. 1670. Paris : Garnier-Flammarion ; 1965. p. 81-82.

[26] Freud S. Le petit Hans. 1909. Paris : PUF ; 1993. O.C., X, p. 31, n. 1.

[27] Rozenberg J. Biologie de la race et psychopathologie. Archives de philosophie 64, 2001.

[28] Reyes A., Zagdanski S. La vérité nue. Paris : Pauvert ; 2002. p. 145-46.

[29] Dolto F. Les jeux sexuels de vos enfants. Interview par Pierre Bénichou. Planning familial, octobre 1969 (3), 9.

[30] Bettelheim B. Les blessures symboliques. Paris : Gallimard ; 1971. p. 90-91.

[31] Leboyer F. Lettre du 4 juin 1980 à Rosemary Romberg-Weiner.

[32] Leboyer F. Lettre du 17 février 2001 à l’auteur.

[33] Tractenberg M. Psychoanalysis of circumcision. Male and female circumcision. New York : Denniston et al. Plenum publishers ; 1999.

[34] Miller A. La connaissance interdite : affronter les blessures de l’enfance dans la thérapie. Paris : Aubier ; 1990.

[35] Kristeva J. Aux frontières du vivant. Le magazine littéraire, février 2004 (428). 33-36.

[36] Abrégé de psychanalyse. 1938. Paris : PUF ; 1978. p. 60-62.

[37] Roheim G. Psychanalyse et anthropologie. 1950. Paris : Gallimard ; 1967. 192-93.

[38] L’art de renaître, fonction thérapeutique de l’affiliation au moyen du traumatisme sexuel. Nouvelle revue d’ethnopsychiatrie, 1992, (18) : 20-21.

[40] Mandelbaum J. Critique du film Le fils d’Élias, Le Monde.

[41] Maïmonide. Le guide des perplexes. 1190. Paris : Verdier. III, ch. 49.

[42] Yerushalmi Y. Le Moïse de Freud. Paris : Gallimard ; 1993. p. 107-108.

[43] Bertaux-Navoiseau M. Crimes d’honneur, lapidation, viol, mariage forcé, polygamie, “dry sex”, obésité forcée, et circoncision, causalité et corrélation.

(*) L’original italien ne dit pas “sexualité” mais “perversion”. Tenant compte de la citation précédente de Freud, nous avons corrigé là une très freudienne erreur, témoin, dans ce texte par ailleurs admirable, de l’extrême vigueur du tabou pesant sur l’autosexualité. D’une part on ne peut se permettre d’appeler perversion la sexualité des enfants, des adolescents, des célibataires, des veufs et des couples temporairement séparés ou divorcés ou à besoins sexuels différents, d’autre part il n’est pas sérieux d’affirmer que l’autosexualité s’accompagnerait du déni de la réalité de l’autre sexe qui est l’essence de la perversion. Ce serait paradoxal concernant l’usage d’organes évoquant précisément l’autre sexe. L’auto-sexualité n’est certainement pas une perversion. Autre signe de l’ambivalence de notre lacanienne, sa persistance à utiliser le terme traditionnel, dépréciatif, pour désigner l’autosexualité.

[44] Roudinesco É. Le sexe mutilé. Brève histoire d’une passion chirurgicale. Préface à : Bonomi C. Sulla soglia della psychoanalisi, Freud i la follia infantile. Torino : Bollati Boringhieri ; 2007.

[45] Foucault M. Les anormaux, Cours au Collège de France, 1974-75. Paris : Seuil/Gallimard ; 1999. p. 217.

[46] Erlich M. Circoncision, excision et racisme. Nouvelle revue d’ethnopsychiatrie 1991, 18, 127.

[47] Bennington G., Derrida J. Circonfession. Paris : Seuil ; 1991.

[48] Hérodote. L’enquête. II, 41. Paris : Gallimard, coll. Folio ; 1964. p. 180.

[49] Maïmonide. Le guide des perplexes. 1190. Paris : Verdier. III, ch. 49.

[50] André J., Bernateau J. Les territoires de la haine. Paris : Petite bibliothèque de psychanalyse ; 2014.

[51] Bertaux-Navoiseau M. Genocide, war, the death penalty, excision and circumcision

Violence et circoncision : génocides, guerres, terrorisme, peine de mort, excision

[52] Freud S. L’homme Moïse et la religion monothéiste. 1936. Paris : Gallimard ; 1986. p. 184.

[53] Les mutilations sexuelles, une dangereuse folie collective et transgénérationnelle, un syndrome de Münchhausen par procuration et un syndrome de Stockholm aggravé

[54] Roudinesco E. Mais pourquoi tant de haine ? Paris : Seuil ; 2010.

[55] Bertaux-Navoiseau M. Jacques Lacan antisémite ? !.

[56] Bertaux-Navoiseau M. Victimes de la folie collective circonciseuse, Éliacheff et Winter trahissent Freud et dénaturent Lacan.

[57] Déclaration du premier symposium de NOCIRC. 1989. http://montagunocircpetition.org/

[58] Miller A. Introduction aux considérations sur les mutilations sexuelles, in La connaissance interdite : affronter les blessures de l’enfance dans la thérapie. Paris : Aubier ; 1990. p. 164.

[59] Supplément au Bulletin de l’Académie nationale de médecine, 2014, n° 6, séance du 10 juin 2004.

Circoncision et amnésie traumatique, les cas de Leonard Cohen et Morice Benin, Jean-Jacques Goldman s’en sort mieux

(English : Circumcision and traumatic amnesia: Leonard Cohen and Morice Benin cases Jean-Jacques Goldman gets out better)

            Trois chanteurs juifs, tous arrachés au sein de leur mère pour être torturés et blessés dans leur chair la plus intime, tous, plus ou moins amère-ment, ont pris conscience de leur handicap, tous se sont dressés publique-ment contre leur mutilation dans une œuvre. Le traumatisme est évident pour les deux premiers qui sont  plus ou moins parvenus à en prendre conscience, plus ou moins intellectuellement, plus ou moins affectivement, avec plus ou moins de rancœur, il reste un mystère pour Goldman.

            Cohen enfant a réagi de façon primaire, inconsciente, seulement déchiffrable par la psychanalyse. Agé de 9 ans à la mort de son père, il effectue un rituel névrotique par lequel il se venge inconsciemment de sa circoncision sur le nœud papillon qui symbolise le pénis du défunt :

“Je suis allé dans son placard et ai trouvé un nœud papillon tout fait. JE NE SAIS PAS POURQUOI J’AI FAIT CELA, je ne peux même pas le comprendre maintenant, MAIS J’AI COUPÉ UNE DES AILES DU NŒUD PAPILLON et j’ai écrit quelque chose sur un morceau de papier – je pense que c’était une sorte d’adieu à mon père – et je l’ai enterré dans un petit trou dans la cour arrière. Et j’y ai mis cette curieuse note… Ce fut juste un divertissement en réponse rituelle à un événement impossible”.[1]

Ses mots d’adulte : “une réponse rituelle” font moins allusion à un rituel de deuil, comme il le croit, qu’au crime rituel. Victime de l’amnésie traumati-que qui frappe tous les bébés mâles juifs, l’enfant était inconscient de sa mutilation ; seul son inconscient s’en « souvenait ». L’adulte n’a pas non plus pris conscience de la valeur de vengeance symbolique de son rituel d’enfant.

            Plus tard, il a intellectualisé ; dans une lettre de 1960 à sa sœur, il prend une position amère, mêlée d’humour, consciente de l’infirmité collec-tive qu’il compare à une drogue :

“J’oublie même parfois que j’appartiens à une race inférieure. Ses trucs se comparent très favorablement au haschisch grec. Le Twist est le plus grand rituel depuis la circoncision – et là [le All-nighter club à Londres], vous pou-vez choisir entre le génie de deux cultures. Pour moi, je préfère le Twist.” [2]

Sa façon d’opposer la circoncision et l’antisémitisme au plaisir de la danse montre bien qu’il considère la circoncision comme un rituel barbare res-ponsable de l’antisémitisme.

            Sa chanson “Story of Isaac” semble faire allusion à la circoncision :

“Vous qui construisez ces autels

pour sacrifier ces enfants

vous ne devez plus le faire.”

            Dans son poème “Takanawa prince hotel bar” (2006), écrit au Japon, pays totalement étranger à la circoncision, il se lance dans une longue plainte contre la barbarie religieuse en lui opposant avec insistance la circoncision du cœur de Moïse :

“… Glissant dans les 27 Enfers

de ma propre religion, ma propre douce

sombre religion de religion d’ivresse

mon genou plié de Poésie mes robes

mon bol mon fléau de Poésie

ma circoncision finale après

la circoncision de la chair

et la circoncision du cœur

et la circoncision du désir

de Retourner pour être Racheté

être Lavé pour être Pardonné A nouveau

la Circoncision Finale la Finale

et Grande Circoncision -…

…O Poésie ma Circoncision Finale…

…Je saigne sans douleur

De la Circoncision Finale Informe“.

            Dans sa magnifique chanson « L’anathème » contre les mutilations sexuelles des deux sexes écrite en réaction à notre écrit Mutilations sexuel-les et ordre moral[3], Morice Benin ne se venge pas de son père mais de sa mère, de façon totalement inconsciente, à travers deux erreurs de son coup-let contre l’excision :

 – la première : “c’est le temps de subir sa peine”, à propos de la fillette africaine, est énorme ; elle paraît culpabiliser les petites filles :

– la deuxième : “sexe poubelle dans son écrin”, poubellise tout le sexe au lieu de la petite partie effectivement jetée à la poubelle”. C’est insultant pour les excisées et leurs enfants.

            Goldman ne semble pas avoir été traumatisé par sa circoncision ; sa seule allusion à sa mutilation n’est pas symptomatique mais positive :

“L’acier qui nous mutile du satin,

“Nos blessures inutiles au lointain,

“Nous ferons de nos grilles des chemins,

“Nous changerons nos villes en jardins.”

Jean-Jacques Goldman (Il suffira d’un signe)


[1] Quote from Remnick D. Leonard Cohen makes it darker, The NewYorker, 17 octobre 2016.

http://www.newyorker.com/magazine/2016/10/17/leonard-cohen-makes-it-darker

[2] Cohen L. in a letter to his sister (1960). In Simmons S. I’m your man: The life of Leonard Cohen.

[3] Bertaux-Navoiseau M. Mutilations sexuelles et ordre moral (problématique et concepts de base de la lutte contre les mutilations sexuelles).

Circumcision and traumatic amnesia: Leonard Cohen and Morice Benin cases, Jean-Jacques Goldman gets out better

(français : Amnésie traumatique de la circoncision : les cas Leonard Cohen et Morice Benin, Jean-Jacques Goldman s’en tire mieux)

            Three Jewish singers, all torn away from their mother’s breast to be tortured and  wounded in their most intimate flesh, all, more or less bitter-ly, became aware of their handicap; all stood up publicly against their muti-lation in a work. The trauma is obvious for the first two who more or less succeeded to realize it, more or less intellectually, more or less emotionally, with more or less bitterness, it remains a mystery for Goldman.

            Aged of 9-year-old at his father’s death, Cohen reacted in a primary, unconscious way, decipherable by psychoanalysis alone. He performed a neurotic ritual by which he avenged for his circumcision upon a bow tie that symbolized the penis of the deceased:

“I went to his closet and I found a premade bow tie. I DON’T KNOW WHY I DID THIS, I can’t even own it now, BUT I CUT ONE OF THE WINGS OF THE BOW TIE OFF and I wrote something on a piece of paper —I think it was some kind of farewell to my father— and I buried it in a little hole in the back yard. And I put that curious note in there… It was just some attraction to a ritual response to an impossible event.”[1]

His words as an adult: “a ritual response”, allude less to a ritual of mourning, as he believes, than to the ritual crime. Victim of the traumatic amnesia that strikes all Jewish baby boys, the child was unaware of his mutilation; only his unconscious remembered it. The adult either did not become aware of the value of symbolical vengeance of his child ritual.

            Later on, he intellectualized; in his 1960 letter to his sister, he takes a bitter stand, tinted with humour, conscious of the collective disability that he compares to a drug:

“I sometimes even forget I belong to an inferior race. Their stuff compares very favorably with Greek hashish. The Twist is the greatest ritual since cir-cumcision – and there [the All-Nighter club in London] you can choose bet-ween the genius of two cultures. Myself, I prefer the Twist.”[2]

His way of opposing circumcision and anti-Semitism to the pleasure of dancing well shows that he considers circumcision a barbaric ritual res-ponsible for anti-Semitism.

            His song “Story of Isaac” seems to allude to circumcision:

“You who build these altars now
To sacrifice these children,
You must not do it anymore.”

            In his 2006 poem “Takanawa prince hotel Bar”[3], written in Japan, a country totally stranger to circumcision, he embarks in a long plaint against religious barbarity insistently opposing it Moses’ circumcision of the heart:

“…Slipping down into the 27 Hells

of my own religion my own sweet

dark religion of drunk religion

my bended knee of Poetry my robes

my bowl my scourge of Poetry

my final circumcision after

the circumcision of the flesh

and the circumcision of the heart

and the circumcision of the yearning

to Return to be Redeemed

to be Washed to be Forgiven Again

the Final Circumcision the Final

and Great Circumcision–…

… O Poetry my Final Circumcision:…

…I am bleeding painlessly

from the Final Formless Circumcision…

            In his magnificent song Anathema against excision and circumcision, written in reaction to our paper Sexual mutilation and the moral order[4], Morice Benin does not avenge of his father but of his mother, in a totally unconscious way, through two mistakes in his strophe against excision:

The first one, about the African little girl, is gross; it seems to make little girls guilty:

“it is time to endure her sentence

The second one: “bin sex”, insults excised women:

Doesn’t he avenge from his mother who threw a part of is sex into the bin?

            Jean-Jacques Goldman may have been traumatized by his circumci-sion but his reaction is not symptomatic; it is positive:

“The steel that maims from the satin,

Our useless wounds far away,

We’ll change our gates into lanes

And make our cities gardens.”

(Il suffira d’un signe)

Leonard cohen makes it darker, by David Remnick

When Leonard Cohen was twenty-five, he was living in London, sitting in cold rooms writing sad poems. He got by on a three-thousand-dollar grant from the Canada Council for the Arts. This was 1960, long before he played the festival at the Isle of Wight in front of six hundred thousand people. In those days, he was a Jamesian Jew, the provincial abroad, a refugee from the Montreal literary scene. Cohen, whose family was both prominent and cultivated, had an ironical view of himself. He was a bohemian with a cushion whose first purchases in London were an Olivetti typewriter and a blue raincoat at Burberry. Even before he had much of an audience, he had a distinct idea of the audience he wanted. In a letter to his publisher, he said that he was out to reach “inner-directed adolescents, lovers in all degrees of anguish, disappointed Platonists, pornography-peepers, hair-handed monks and Popists.”

Cohen was growing weary of London’s rising damp and its gray skies. An English dentist had just yanked one of his wisdom teeth. After weeks of cold and rain, he wandered into a bank and asked the teller about his deep suntan. The teller said that he had just returned from a trip to Greece. Cohen bought an airline ticket.

Not long afterward, he alighted in Athens, visited the Acropolis, made his way to the port of Piraeus, boarded a ferry, and disembarked at the island of Hydra. With the chill barely out of his bones, Cohen took in the horseshoe-shaped harbor and the people drinking cold glasses of retsina and eating grilled fish in the cafés by the water; he looked up at the pines and the cypress trees and the whitewashed houses that crept up the hillsides. There was something mythical and primitive about Hydra. Cars were forbidden. Mules humped water up the long stairways to the houses. There was only intermittent electricity. Cohen rented a place for fourteen dollars a month. Eventually, he bought a whitewashed house of his own, for fifteen hundred dollars, thanks to an inheritance from his grandmother.

Hydra promised the life Cohen had craved: spare rooms, the empty page, eros after dark. He collected a few paraffin lamps and some used furniture: a Russian wrought-iron bed, a writing table, chairs like “the chairs that van Gogh painted.” During the day, he worked on a sexy, phantasmagoric novel called “The Favorite Game” and the poems in a collection titled “Flowers for Hitler.” He alternated between extreme discipline and the varieties of abandon. There were days of fasting to concentrate the mind. There were drugs to expand it: pot, speed, acid. “I took trip after trip, sitting on my terrace in Greece, waiting to see God,” he said years later. “Generally, I ended up with a bad hangover.”

Here and there, Cohen caught glimpses of a beautiful Norwegian woman. Her name was Marianne Ihlen, and she had grown up in the countryside near Oslo. Her grandmother used to tell her, “You are going to meet a man who speaks with a tongue of gold.” She thought she already had: Axel Jensen, a novelist from home, who wrote in the tradition of Jack Kerouac and William Burroughs. She had married Jensen, and they had a son, little Axel. Jensen was not a constant husband, however, and, by the time their child was four months old, Jensen was, as Marianne put it, “over the hills again” with another woman.

One spring day, Ihlen was with her infant son in a grocery store and café. “I was standing in the shop with my basket waiting to pick up bottled water and milk,” she recalled decades later, on a Norwegian radio program. “He is standing in the doorway with the sun behind him.” Cohen asked her to join him and his friends outside. He was wearing khaki pants, sneakers, a shirt with rolled sleeves, and a cap. The way Marianne remembered it, he seemed to radiate “enormous compassion for me and my child.” She was taken with him. “I felt it throughout my body,” she said. “A lightness had come over me.”

Cohen had known some success with women. He would know a great deal more. For a troubadour of sadness—“the godfather of gloom,” he was later called—Cohen found frequent respite in the arms of others. As a young man, he had a kind of Michael Corleone Before the Fall look, sloe-eyed, dark, a little hunched, but high courtesy and verbal fluency were his charm. When he was thirteen, he read a book on hypnotism. He tried out his new discipline on the family housekeeper, and she took off her clothes. Not everyone over the years was quite as bewitched. Nico spurned him, and Joni Mitchell, who had once been his lover, remained a friend but dismissed him as a “boudoir poet.” But these were the exceptions.

Leonard began spending more and more time with Marianne. They went to the beach, made love, kept house. Once, when they were apart—Marianne and Axel in Norway, Cohen in Montreal scraping up some money—he sent her a telegram: “Have house all I need is my woman and her son. Love, Leonard.”

There were times of separation, times of argument and jealousy. When Marianne drank, she could go into a dark rage. And there were infidelities on both sides. (“Good gracious. All the girls were panting for him,” Marianne recalled. “I would dare go as far as to say that I was on the verge of killing myself due to it.”)

In the mid-sixties, as Cohen started to record his songs and win worldly success, Marianne became known to his fans as that antique figure—the muse. A memorable photograph of her, dressed only in a towel, and sitting at the desk in the house on Hydra, appeared on the back of Cohen’s second album, “Songs from a Room.” But, after they’d been together for eight years, the relationship came apart, little by little—“like falling ashes,” as Cohen put it.

Cohen was spending more time away from Hydra pursuing his career. Marianne and Axel stayed on awhile on Hydra, then left for Norway. Eventually, Marianne married again. But life had its burdens, particularly for Axel, who has had persistent health problems. What Cohen’s fans knew of Marianne was her beauty and what it had inspired: “Bird on the Wire,” “Hey, That’s No Way to Say Goodbye,” and, most of all, “So Long, Marianne.” She and Cohen stayed in touch. When he toured in Scandinavia, she visited him backstage. They exchanged letters and e-mails. When they spoke to journalists and to friends of their love affair, it was always in the fondest terms.

In late July this year, Cohen received an e-mail from Jan Christian Mollestad, a close friend of Marianne’s, saying that she was suffering from cancer. In their last communication, Marianne had told Cohen that she had sold her beach house to help insure that Axel would be taken care of, but she never mentioned that she was sick. Now, it appeared, she had only a few days left. Cohen wrote back immediately:

“Well Marianne, it’s come to this time when we are really so old and our bodies are falling apart and I think I will follow you very soon. Know that I am so close behind you that if you stretch out your hand, I think you can reach mine. And you know that I’ve always loved you for your beauty and your wisdom, but I don’t need to say anything more about that because you know all about that. But now, I just want to wish you a very good journey. Goodbye old friend. Endless love, see you down the road.”

Two days later, Cohen got an e-mail from Norway:

Dear Leonard

Marianne slept slowly out of this life yesterday evening. Totally at ease, surrounded by close friends.

Your letter came when she still could talk and laugh in full consciousness. When we read it aloud, she smiled as only Marianne can. She lifted her hand, when you said you were right behind, close enough to reach her.

It gave her deep peace of mind that you knew her condition. And your blessing for the journey gave her extra strength. . . . In her last hour I held her hand and hummed “Bird on the Wire,” while she was breathing so lightly. And when we left the room, after her soul had flown out of the window for new adventures, we kissed her head and whispered your everlasting words.

So long, Marianne . . .

Leonard Cohen lives on the second floor of a modest house in Mid-Wilshire, a diverse, unglamorous precinct of Los Angeles. He is eighty-two. Between 2008 and 2013, he was on tour more or less continuously. It is highly unlikely that his health will permit such rigors ever again. Cohen has an album coming out in October—obsessed with mortality, God-infused, yet funny, called “You Want It Darker”—but friends and musical associates say they’d be surprised to see him onstage again except in a limited way: a single performance, perhaps, or a short residency at one venue. When I e-mailed ahead to ask Cohen out for dinner, he said that he was more or less “confined to barracks.”

Not long ago, one of Cohen’s most frequent visitors, and an old friend of mine—Robert Faggen, a professor of literature—brought me by the house. Faggen met Cohen twenty years ago in a grocery store, at the foot of Mt. Baldy, the highest of the San Gabriel Mountains, an hour and a half east of Los Angeles. They were both living near the top of the mountain: Bob in a cabin where he wrote about Frost and Melville and drove down the road to teach his classes at Claremont McKenna College; Cohen in a small Zen Buddhist monastery, where he was an ordained monk. As Faggen was shopping for cold cuts, he heard a familiar basso voice across the store; he looked down the aisle and saw a small, trim man, his head shaved, talking intently with a clerk about varieties of potato salad. Faggen’s musical expertise runs more to Mahler’s lieder than to popular song. But he is an admirer of Cohen’s work and introduced himself. They have been close friends ever since.

Cohen greeted us. He sat in a large blue medical chair, the better to ease the pain from compression fractures in his back. He is now very thin, but he is still handsome, with a full head of gray-white hair and razory dark eyes. He wore a well-tailored midnight-blue suit—even in the sixties he wore suits—and a stickpin through his collar. He extended a hand like a courtly retired capo.

“Hello, friends,” he said. “Please, please, sit right there.” The depth of his voice makes Tom Waits sound like Eddie Kendricks.

And then, like my mother, he offered what could only have been the complete catalogue of his larder: water, juice, wine, a piece of chicken, a slice of cake, “maybe something else.” In the hours we spent together, he offered many refreshments, and, always, kindly. “Would you like some slices of cheese and olives?” is not an offer you are likely to get from Axl Rose. “Some vodka? A glass of milk? Schnapps?” And, as with my mother, it is best, sometimes, to say yes. One day, we had cheeseburgers-with-everything ordered from a Fatburger down the street and, on another, thick slices of gefilte fish with horseradish.

Marianne’s death was only a few weeks in the past, and Cohen was still amazed at the way his letter—an e-mail to a dying friend—had gone viral, at least in the Cohen-ardent universe. He hadn’t set out to be public about his feelings, but when one of Marianne’s closest friends, in Oslo, asked to release the note, he didn’t object. “And since there’s a song attached to it, and there’s a story . . .” he said. “It’s just a sweet story. So in that sense I’m not displeased.”

Like anyone of his age, Cohen counts the losses as a matter of routine. He seemed not so much devastated by Marianne’s death as overtaken by the memory of their time together. “There would be a gardenia on my desk perfuming the whole room,” he said. “There would be a little sandwich at noon. Sweetness, sweetness everywhere.”

Cohen’s songs are death-haunted, but then they have been since his earliest verses. A half century ago, a record executive said, “Turn around, kid. Aren’t you a little old for this?” But, despite his diminished health, Cohen remains as clear-minded and hardworking as ever, soldierly in his habits. He gets up well before dawn and writes. In the small, spare living room where we sat, there were a couple of acoustic guitars leaning against the wall, a keyboard synthesizer, two laptops, a sophisticated microphone for voice recording. Working with an old collaborator, Pat Leonard, and his son, Adam, who has the producer’s credit, Cohen did much of his work for “You Want It Darker” in the living room, e-mailing recorded files to his partners for additional refinements. Age and the end of age provide a useful, if not entirely desired, air of quiet.

“In a certain sense, this particular predicament is filled with many fewer distractions than other times in my life and actually enables me to work with a little more concentration and continuity than when I had duties of making a living, being a husband, being a father,” he said. “Those distractions are radically diminished at this point. The only thing that mitigates against full production is just the condition of my body.

“For some odd reason,” he went on, “I have all my marbles, so far. I have many resources, some cultivated on a personal level, but circumstantial, too: my daughter and her children live downstairs, and my son lives two blocks down the street. So I am extremely blessed. I have an assistant who is devoted and skillful. I have a friend like Bob and another friend or two who make my life very rich. So in a certain sense I’ve never had it better. . . . At a certain point, if you still have your marbles and are not faced with serious financial challenges, you have a chance to put your house in order. It’s a cliché, but it’s underestimated as an analgesic on all levels. Putting your house in order, if you can do it, is one of the most comforting activities, and the benefits of it are incalculable.”

Cohen came of age after the war. His Montreal, however, was nothing like Philip Roth’s Newark or Alfred Kazin’s Brownsville. He was brought up in Westmount, a predominantly Anglophone neighborhood, where the city’s well-to-do Jews lived. The men in his family, particularly on his father’s side, were the “dons” of Jewish Montreal. His grandfather, Cohen told me, “was probably the most significant Jew in Canada,” the founder of a range of Jewish institutions; in the wake of anti-Semitic pogroms in the Russian imperium, he saw to it that countless refugees made it to Canada. Nathan Cohen, Leonard’s father, ran Freedman Company, the family clothing business. His mother, Masha, came from a family of more recent immigrants. She was loving, depressive, “Chekhovian” in her emotional range, according to Leonard: “She laughed and wept deeply.” Masha’s father, Solomon Klonitzki-Kline, was a distinguished Talmudic scholar from Lithuania who completed a “Lexicon of Hebrew Homonyms.” Leonard went to fine schools, including McGill and, for a while, Columbia. He never resented the family’s comforts.

“I have a deep tribal sense,” he said. “I grew up in a synagogue that my ancestors built. I sat in the third row. My family was decent. They were good people, they were handshake people. So I never had a sense of rebellion.”

When Leonard was nine, his father died; this moment, a primal wound, was when he first used language as a kind of sacrament. “I have some memories of him,” Cohen said, and recounted the story of his father’s funeral, which was held at their house. “We came down the stairs, and the coffin was in the living room.” Contrary to Jewish custom, the funeral workers had left the coffin open. It was winter, and Cohen thought of the gravediggers: it would be difficult to break the frozen ground. He watched his father lowered into the earth. “Then I came back to the house and I went to his closet and I found a premade bow tie. I don’t know why I did this, I can’t even own it now, but I cut one of the wings of the bow tie off and I wrote something on a piece of paper—I think it was some kind of farewell to my father—and I buried it in a little hole in the back yard. And I put that curious note in there. . . . It was just some attraction to a ritual response to an impossible event.”

Cohen’s uncles made sure that Masha and her two children, Leonard and his sister, Esther, did not suffer any financial decline after her husband’s death. Leonard studied; he worked in an uncle’s foundry, W. R. Cuthbert & Company, pouring metal for sinks and piping, and at the clothing factory, where he picked up a useful skill for his career as a touring musician: he learned to fold suits so they didn’t wrinkle. But, as he wrote in a journal, he always imagined himself as a writer, “raincoated, battered hat pulled low above intense eyes, a history of injustice in his heart, a face too noble for revenge, walking the night along some wet boulevard, followed by the sympathy of countless audiences. . . loved by two or three beautiful women who could never have him.”

And yet a rock-and-roll life was far from his mind. He set out to be an author. As Sylvie Simmons makes plain in her excellent biography “I’m Your Man,” Cohen’s apprenticeship was in letters. As a teen-ager, his idols were Yeats and Lorca (he named his daughter after Lorca). At McGill, he read Tolstoy, Proust, Eliot, Joyce, and Pound, and he fell in with a circle of poets, particularly Irving Layton. Cohen, who published his first poem, “Satan in Westmount,” when he was nineteen, once said of Layton, “I taught him how to dress, he taught me how to live forever.” Cohen has never stopped writing verse; the poem “Steer Your Way” was published in this magazine in June.

Cohen was also taken with music. As a kid, he had learned the songs in the old lefty folk compendium “The People’s Song Book,” listened to Hank Williams and other country singers on the radio, and, at sixteen, dressed in his father’s old suède jacket, he played in a country-music combo called the Buckskin Boys.

He took some informal guitar lessons in his twenties from a Spaniard he met next to a local tennis court. After a few weeks, he picked up a flamenco chord progression. When the man failed to appear for their fourth lesson, Cohen called his landlady and learned that the man had killed himself. In a speech many years later, in Asturias, Cohen said, “I knew nothing about the man, why he came to Montreal . . . why he appeared at that tennis court, why he took his life. . . . It was those six chords, it was that guitar pattern, that has been the basis of all my songs, and all my music.”

Marianne Ihlen at the port of Hydra, Greece, in 1962, by Kari Hestamar.

Ihlen was known to Leonard Cohen’s fans as that antique figure—the muse.

Cohen loved the masters of the blues—Robert Johnson, Sonny Boy Williamson, Bessie Smith—and the French storyteller-singers like Édith Piaf and Jacques Brel. He put coins in the jukebox to listen to “The Great Pretender,” “Tennessee Waltz,” and anything by Ray Charles. And yet when the Beatles came along he was indifferent. “I’m interested in things that contribute to my survival,” he said. “I had girlfriends who really irritated me by their devotion to the Beatles. I didn’t begrudge them their interest, and there were songs like ‘Hey Jude’ that I could appreciate. But they didn’t seem to be essential to the kind of nourishment that I craved.”

The same set of ears that first tuned in to Bob Dylan, in 1961, discovered Leonard Cohen, in 1966. This was John Hammond, a patrician related to the Vanderbilts, and by far the most perceptive scout and producer in the business. He was instrumental in the first recordings of Count Basie, Big Joe Turner, Benny Goodman, Aretha Franklin, and Billie Holiday. Tipped off by friends who were following the folk scene downtown, Hammond called Cohen and asked if he would play for him.

Cohen was thirty-two, a published poet and novelist, but, though a year older than Elvis Presley, a musical novice. He had turned to songwriting largely because he wasn’t making a living as a writer. He was staying on the fourth floor of the Chelsea Hotel, on West Twenty-third Street, and filled notebooks during the day. At night, he sang his songs in clubs and met people on the scene: Patti Smith, Lou Reed (who admired Cohen’s novel “Beautiful Losers”), Jimi Hendrix (who jammed with him on, of all things, “Suzanne”), and, if just for a night, Janis Joplin (“giving me head on the unmade bed / while the limousines wait in the street”).

After taking Cohen to lunch one day, Hammond suggested that they go to Cohen’s room, and, sitting on his bed, Cohen played “Suzanne,” “Hey, That’s No Way to Say Goodbye,” “The Stranger Song,” and a few others.

When Cohen finished, Hammond grinned and said, “You’ve got it.”

A few months after his audition, Cohen put on a suit and went to the Columbia recording studios in midtown to begin work on his first album. Hammond was encouraging after every take. And after one he said, “Watch out, Dylan!”

Cohen’s links to Dylan were obvious—Jewish, literary, a penchant for Biblical imagery, Hammond’s tutelage—but the work was divergent. Dylan, even on his earliest records, was moving toward more surrealist, free-associative language and the furious abandon of rock and roll. Cohen’s lyrics were no less imaginative or charged, no less ironic or self-investigating, but he was clearer, more economical and formal, more liturgical.

Over the decades, Dylan and Cohen saw each other from time to time. In the early eighties, Cohen went to see Dylan perform in Paris, and the next morning in a café they talked about their latest work. Dylan was especially interested in “Hallelujah.” Even before three hundred other performers made “Hallelujah” famous with their cover versions, long before the song was included on the soundtrack for “Shrek” and as a staple on “American Idol,” Dylan recognized the beauty of its marriage of the sacred and the profane. He asked Cohen how long it took him to write.

“Two years,” Cohen lied.

Actually, “Hallelujah” had taken him five years. He drafted dozens of verses and then it was years more before he settled on a final version. In several writing sessions, he found himself in his underwear, banging his head against a hotel-room floor.

Cohen told Dylan, “I really like ‘I and I,’ ” a song that appeared on Dylan’s album “Infidels.” “How long did it take you to write that?”

“About fifteen minutes,” Dylan said.

When I asked Cohen about that exchange, he said, “That’s just the way the cards are dealt.” As for Dylan’s comment that Cohen’s songs at the time were “like prayers,” Cohen seemed dismissive of any attempt to plumb the mysteries of creation.

“I have no idea what I am doing,” he said. “It’s hard to describe. As I approach the end of my life, I have even less and less interest in examining what have got to be very superficial evaluations or opinions about the significance of one’s life or one’s work. I was never given to it when I was healthy, and I am less given to it now.”

Although Cohen was steeped more in the country tradition, he was swept up when he heard Dylan’s “Bringing It All Back Home” and “Highway 61 Revisited.” One afternoon, years later, when the two had become friendly, Dylan called him in Los Angeles and said he wanted to show him a piece of property he’d bought. Dylan did the driving.

“One of his songs came on the radio,” Cohen recalled. “I think it was ‘Just Like a Woman’ or something like that. It came to the bridge of the song, and he said, ‘A lot of eighteen-wheelers crossed that bridge.’ Meaning it was a powerful bridge.”

Dylan went on driving. After a while, he told Cohen that a famous songwriter of the day had told him, “O.K., Bob, you’re Number 1, but I’m Number 2.”

Cohen smiled. “Then Dylan says to me, ‘As far as I’m concerned, Leonard, you’reNumber 1. I’m Number Zero.’ Meaning, as I understood it at the time—and I was not ready to dispute it—that his work was beyond measure and my work was pretty good.”

Dylan, who is seventy-five, doesn’t often play the role of music critic, but he proved eager to discuss Leonard Cohen. I put a series of questions to him about Number 1, and he answered in a detailed, critical way—nothing cryptic or elusive.

“When people talk about Leonard, they fail to mention his melodies, which to me, along with his lyrics, are his greatest genius,” Dylan said. “Even the counterpoint lines—they give a celestial character and melodic lift to every one of his songs. As far as I know, no one else comes close to this in modern music. Even the simplest song, like ‘The Law,’ which is structured on two fundamental chords, has counterpoint lines that are essential, and anybody who even thinks about doing this song and loves the lyrics would have to build around the counterpoint lines.

“His gift or genius is in his connection to the music of the spheres,” Dylan went on. “In the song ‘Sisters of Mercy,’ for instance, the verses are four elemental lines which change and move at predictable intervals . . . but the tune is anything but predictable. The song just comes in and states a fact. And after that anything can happen and it does, and Leonard allows it to happen. His tone is far from condescending or mocking. He is a tough-minded lover who doesn’t recognize the brush-off. Leonard’s always above it all. ‘Sisters of Mercy’ is verse after verse of four distinctive lines, in perfect meter, with no chorus, quivering with drama. The first line begins in a minor key. The second line goes from minor to major and steps up, and changes melody and variation. The third line steps up even higher than that to a different degree, and then the fourth line comes back to the beginning. This is a deceptively unusual musical theme, with or without lyrics. But it’s so subtle a listener doesn’t realize he’s been taken on a musical journey and dropped off somewhere, with or without lyrics.”

In the late eighties, Dylan performed “Hallelujah” on the road as a roughshod blues with a sly, ascending chorus. His version sounds less like the prettified Jeff Buckley version than like a work by John Lee Hooker. “That song ‘Hallelujah’ has resonance for me,” Dylan said. “There again, it’s a beautifully constructed melody that steps up, evolves, and slips back, all in quick time. But this song has a connective chorus, which when it comes in has a power all of its own. The ‘secret chord’ and the point-blank I-know-you-better-than-you-know-yourself aspect of the song has plenty of resonance for me.”

I asked Dylan whether he preferred Cohen’s later work, so colored with intimations of the end. “I like all of Leonard’s songs, early or late,” he said. “ ‘Going Home,’ ‘Show Me the Place,’ ‘The Darkness.’ These are all great songs, deep and truthful as ever and multidimensional, surprisingly melodic, and they make you think and feel. I like some of his later songs even better than his early ones. Yet there’s a simplicity to his early ones that I like, too.”

Dylan defended Cohen against the familiar critical reproach that his is music to slit your wrists by. He compared him to the Russian Jewish immigrant who wrote “Easter Parade.” “I see no disenchantment in Leonard’s lyrics at all,” Dylan said. “There’s always a direct sentiment, as if he’s holding a conversation and telling you something, him doing all the talking, but the listener keeps listening. He’s very much a descendant of Irving Berlin, maybe the only songwriter in modern history that Leonard can be directly related to. Berlin’s songs did the same thing. Berlin was also connected to some kind of celestial sphere. And, like Leonard, he probably had no classical-music training, either. Both of them just hear melodies that most of us can only strive for. Berlin’s lyrics also fell into place and consisted of half lines, full lines at surprising intervals, using simple elongated words. Both Leonard and Berlin are incredibly crafty. Leonard particularly uses chord progressions that seem classical in shape. He is a much more savvy musician than you’d think.”

Cohen has always found performing unnerving. His first major attempt came in 1967, when Judy Collins asked him to play at Town Hall, in New York, at an anti-Vietnam War benefit. The idea was that he would make his stage début by singing “Suzanne,” an early song of his that Collins had turned into a hit after he sang it to her on the telephone.

“I can’t do it, Judy,” he told her. “I would die from embarrassment.”

As Collins writes in her memoir, she finally cajoled him into it, but that night, from the wings, she could see that Cohen, “his legs shaking inside his trousers,” was in trouble. He got halfway through the first verse and then stopped and mumbled an apology. “I can’t go on,” he said and walked off into the wings.

Out of sight, Cohen rested his head on Collins’s shoulder as she tried to get him to respond to the encouraging shouts from the crowd. “I can’t do it,” he said. “I can’t go back.”

“But you will,” she said, and, finally, he acceded. He went out, with the crowd cheering, and finished singing “Suzanne.”

Since then, Cohen has played thousands of concerts all over the world, but it did not become second nature until he was in his seventies. He was never one of those musicians who talk about feeling most alive and at home onstage. Although he has had many successful performance strategies—wry self-abnegation, drugs, drink—the act of giving concerts often made him feel like “some parrot chained to his stand.” He is also a perfectionist; a classic like “Famous Blue Raincoat” still feels “unfinished” to him.

“It stems from the fact that you are not as good as you want to be—that’s really what nervousness is,” Cohen told me. “That first time I went out with Judy Collins, it wasn’t to be the last time I felt this.”

In 1972, Cohen, now accompanied by a full complement of musicians and singers, arrived in Jerusalem at the end of a long tour. Just to be in that city was, for Cohen, a charged situation. (The following year, during the war with Egypt, Cohen showed up in Israel, hoping to replace someone who had been drafted. “I am committed to the survival of the Jewish people,” he told an interviewer at the time. He ended up performing, often many times a day, for the troops on the front.) Out onstage, Cohen started singing “Bird on the Wire.” He stopped after the audience greeted the opening chords and phrase with applause.

“I really enjoy your recognizing these songs,” he said. “But I’m scared enough as it is out here, and I think something is wrong every time you begin to applaud. So if you do recognize this song, would you just wave your hands?”

He fumbled again, and what at first had seemed like performative charm now appeared to signal genuine anxiety. “I hope you bear with me,” he said. “These songs become meditations for me and sometimes, you know, I just don’t get high on it and I feel that I’m cheating you. I’ll try it again. If it doesn’t work, I’ll stop in the middle. There’s no reason why we should mutilate a song just to save face.”

Cohen began singing “One of Us Cannot Be Wrong.”

“I lit a thin green candle . . .”

He stopped again, laughing, unnerved. More fumbling, more deflective jokes.

“I have my rights up here, too, you know,” he said, still smiling. “I can sit around and talk if I want to.”

By then, it was apparent that there was a problem. “Look, if it doesn’t get any better, we’ll just end the concert and I’ll refund your money,” Cohen said. “I really feel that we’re cheating you tonight. Some nights, one is raised off the ground, and some nights you just can’t get off the ground. And there’s no point in lying about it. And tonight we just haven’t been getting off the ground, and it says in the Kabbalah . . .” The Jerusalem audience laughed at the mention of the Jewish mystical text. “It says in the Kabbalah that if you can’t get off the ground you should stay on the ground! No, it says in the Kabbalah that, unless Adam and Eve face each other, God does not sit on his throne, and somehow the male and female parts of me refuse to encounter one another tonight—and God does not sit on his throne. And this is a terrible thing to have happen in Jerusalem. So, listen, we’re going to leave the stage now and try to profoundly meditate in the dressing room to get ourselves back into shape.”

I recalled this incident to Cohen—it’s captured on a documentary film that floats around the Internet—and he remembered it well.

“It was at the end of the tour,” he told me. “I thought I was doing very poorly. I went back to the dressing room, and I found some acid in my guitar case.” He took the acid. Meanwhile, out in the hall, the audience started singing to Cohen as if to inspire him and call him back. The song was a traditional one, “Hevenu Shalom Aleichem,” “We Have Brought Peace Upon You.”

“How sweet can an audience possibly be?” Cohen recalled. “So I go out on the stage with the band . . . and I started singing ‘So Long, Marianne.’ And I see Marianne straight in front of me and I started crying. I turned around and the band was crying, too. And then it turned into something in retrospect quite comic: the entire audience turned into one Jew! And this Jew was saying, ‘What else can you show me, kid? I’ve seen a lot of things, and this don’t move the dial!’ And this was the entire skeptical side of our tradition, not just writ large but manifested as an actual gigantic being! Judging me hardly begins to describe the operation. It was a sense of invalidation and irrelevance that I felt was authentic, because those feelings have always circulated around my psyche: Where do you get to stand up and speak? For what and whom? And how deep is your experience? How significant is anything you have to say? . . . I think it really invited me to deepen my practice. Dig in deeper, whatever it was, take it more seriously.”

Back inside the dressing room, Cohen wept fiercely. “I can’t make it, man,” he said. “I don’t like it. Period. So I’m splitting.”

He went out one last time to speak to the audience.

“Listen, people, my band and I are all crying backstage. We’re too broken up to go on. But I just want to tell you, thank you and good night.”

The next year, he told the press, half-seriously, that the “rock life” was overwhelming him. “I don’t find myself leading a life that has many good moments in it,” he told a reporter for Melody Maker. “So I’ve decided to screw it. And go.”

For many years, Cohen was more revered than bought. Although his albums generally sold well enough, they did not move on the scale of big rock acts. In the early eighties, when he presented his record company with “Various Positions”—a magnificent album that included “Hallelujah,” “Dance Me to the End of Love,” and “If It Be Your Will”—Walter Yetnikoff, the head of CBS Records, argued with him about the mix.

“Look, Leonard,” he said, “we know you’re great, but we don’t know if you’re any good.” Eventually, Cohen learned that CBS had decided not to release the album in the U.S. Years later, accepting an award, he thanked his record company by saying, “I have always been touched by the modesty of their interest in my work.”

Suzanne Vega, a singer-songwriter who is in her late fifties, sometimes tells a funny story on stage about Cohen’s secret-handshake appeal. When she was eighteen, she was teaching dance and folksinging at a summer camp in the Adirondacks. One night, she met a handsome young man, a counsellor from another camp up the road. He was from Liverpool. And his opening line was “Do you like Leonard Cohen?”

This was nearly four decades ago, and, in Vega’s memory, admirers of Leonard Cohen in those days were a kind of “secret society.” What’s more, there was a particular way to answer the young man’s semi-innocent question: “Yes, I love Leonard Cohen—but only in certain moods.” Otherwise, your new friend might think you were a depressive.

But because the young man was English, and not given to the “fake cheer” of Americans, he replied, “I love Leonard Cohen all the time.” The result, she says, was an affair that lasted for the rest of the summer.

In the years to come, Cohen’s songs were fundamental to Vega’s own sense of lyrical precision and possibility. “It was the way he wrote about complicated things,” Vega told me recently. “It was very intimate and personal. Dylan took you to the far ends of the expanding universe, eight minutes of ‘one hand waving free,’ and I loved that, but it didn’t sound like anything I did or was likely to do—it wasn’t very earthly. Leonard’s songs were a combination of very real details and a sense of mystery, like prayers or spells.”

And there was the other thing, too. Once, after Cohen and Vega became friendly, he called and asked her to visit him at his hotel. They met out by the pool. He asked if she wanted to hear his latest song.

“And as I listened to him recite this song—it was a long one—I watched as one woman after another, all in bikinis, arranged themselves on beach chairs behind Leonard,” Vega recalled. “After he finished reciting, I said to Leonard, ‘Have you noticed these women in bikinis arranging themselves here?’ And completely deadpan, without glancing around, Leonard said, ‘It works every time.’ ”

A world of such allurements had costs as well as rewards. In the seventies, Cohen had two children, Lorca and Adam, with his common-law wife, Suzanne Elrod. That relationship fizzled when the decade did. Touring had its charms, but it, too, wore down his spirits. After a tour in 1993, Cohen felt utterly depleted. “I was drinking at least three bottles of Château Latour before performances,” he said, allowing that he always poured a glass for others. “The wine bill was enormous. Even then, I think, Château Latour was over three hundred bucks a bottle. But it went so beautifully with the music! I don’t know why. When I tried to drink it when there wasn’t a performance coming, it meant nothing! I might as well have been drinking Wild Duck or whatever they call it. I mean, it had no significance.”

At the same time, a long relationship with the actress Rebecca De Mornay was beginning to come undone. “She got wise to me,” Cohen has said. “Finally she saw I was a guy who just couldn’t come across. In the sense of being a husband and having more children and the rest.” De Mornay, who remains friends with Cohen, told the biographer Sylvie Simmons that he was “having all these relationships with women and not really committing . . . and having this long relationship to his career and yet feeling like it’s the last thing he wants to be doing.”

Since his days davening next to his uncles in his grandfather’s synagogue, Cohen has been a spiritual seeker. “Anything, Roman Catholicism, Buddhism, LSD, I’m for anything that works,” he once said. In the late sixties, when he was living in New York, he studied briefly at a Scientology center and emerged with a certificate that declared him “Grade IV Release.” In recent years, he spent many Shabbat mornings and Monday evenings at Ohr HaTorah, a synagogue on Venice Boulevard, talking about Kabbalistic texts with the rabbi there, Mordecai Finley. Sometimes, on Rosh Hashanah and Yom Kippur, Finley, who says that he considers Cohen “a great liturgical writer,” read from the pulpit passages from “Book of Mercy,” a 1984 collection of Cohen’s that is steeped in the Psalms. “I participated in all these investigations that engaged the imagination of my generation at that time,” Cohen has said. “I even danced and sang with the Hare Krishnas—no robe, I didn’t join them, but I was trying everything.”

To this day, Cohen reads deeply in a multivolume edition of the Zohar, the principal text of Jewish mysticism; the Hebrew Bible; and Buddhist texts. In our conversations, he mentioned the Gnostic Gospels, Lurianic Kabbalah, books of Hindu philosophy, Carl Jung’s “Answer to Job,” and Gershom Scholem’s biography of Sabbatai Sevi, a self-proclaimed Messiah of the seventeenth century. Cohen is also very much at home in the spiritual reaches of the Internet, and he listens to the lectures of Yakov Leib HaKohain, a Kabbalist who has converted, serially, to Islam, Catholicism, and Hinduism, and lives in the San Bernardino mountains with two pit bulls and four cats.

For forty years, Cohen was associated with a Japanese Zen master named Kyozan Joshu Sasaki Roshi. (“Roshi” is an honorific for a venerated teacher, and Cohen always refers to him that way.) Roshi, who died two years ago at the age of a hundred and seven, arrived in Los Angeles in 1962 but never quite learned the language of his adoptive home. Through his translators, though, he adapted traditional Japanese koans for his American students: “How do you realize Buddha nature while driving a car?” Roshi was short, stout, a drinker of sake and expensive Scotch. “I came to have a good time,” he once said of his sojourn in the States. “I want Americans to learn how to truly laugh.”

Until the early nineties, Cohen used to study with Roshi at the Zen Center, on Mt. Baldy, for periods of learning and meditation that stretched over two or three months a year. He considered Roshi a close friend, a spiritual master, and a deep influence on his work. And so, not long after getting home from the Château Latour tour, in 1993, Cohen went up to Mt. Baldy. This time, he stayed for nearly six years.

“Nobody goes into a Zen monastery as a tourist,” Cohen told me. “There are people who do, but they leave in ten minutes because the life is very rigorous. You are getting up at two-thirty in the morning; the camp wakes up at three, but you have to light fires in the zendo. The cabins are only heated a few hours a day. There’s snow coming in under the badly carpentered doors. You’re shovelling snow half the day. And the other half of the day you’re sitting in the zendo. So in a certain sense you toughen up. Whether it has a spiritual aspect is debatable. It helps you endure, and it makes whining the least appropriate response to suffering. Just on that level it’s very valuable.”

Cohen lived in a tiny cabin that he outfitted with a coffeemaker, a menorah, a keyboard, and a laptop. Like the other adepts, he cleaned toilets. He had the honor of cooking for Roshi and eventually lived in a cabin that was linked to his teacher’s by a covered walkway. For many hours a day, he sat in half lotus, meditating. If he, or anyone else, nodded off during meditation or lost the proper position, one of the monks would come by and rap him smartly on the shoulder with a wooden stick.

“People have the idea that a monastery is a place of serenity and contemplation,” Cohen said. “It isn’t that at all. It’s a hospital, and a lot of the people who end up there can barely walk or speak. So a lot of the activity there is to get people to learn how to walk and speak and breathe and prepare their own meals or shovel their own paths in the winter.”

Allen Ginsberg once asked Cohen how he could reconcile his Judaism with Zen. Cohen said that he wasn’t looking for a new religion, that he was well satisfied with the religion he had. Zen made no mention of God; it demanded no scriptural devotion. For him, Zen was a discipline rather than a religion, a practice of investigation. “I put on those robes because that was Roshi’s school and that was the uniform,” he said. Had Roshi been a professor of physics at the University of Heidelberg, Cohen says, he would have learned German and moved to Heidelberg.

Roshi, toward the end of his life, was accused of sexual misconduct. He was never charged with any crime, but some former students, writing in Internet chat rooms and in letters to Roshi himself, said that he had sexually groped or coerced many Buddhist students and nuns. An independent Buddhist panel determined that the behavior had been going on since the seventies, and that those “who chose to speak out were silenced, exiled, ridiculed, or otherwise punished,” according to the Times.

One morning, Bob Faggen drove me up the mountain to the Zen Center. A former Boy Scout camp, the center comprises a series of rough-hewn cabins surrounded by pines and cedars. It was striking how few people were around. One monk told me that Roshi had left no successor and that the center had not yet recovered from the scandal. Cohen, for his part, took pains to explain Roshi’s transgressions without excusing them. “Roshi,” he said, “was a very naughty guy.”

In 1996, Cohen became a monk, but that did not safeguard him from depression, a lifelong nemesis; two years later, it overwhelmed him. “I’ve dealt with depression ever since my adolescence,” he said. “Moving into some periods, which were debilitating, when I found it hard to get off the couch, to periods when I was fully operative but the background noise of anguish still prevailed.” Cohen tried antidepressants. He tried throwing them out. Nothing worked. Finally, he told Roshi he was “going down the mountain.” In a collection of poems called “Book of Longing,” he wrote:

I left my robes hanging on a peg

in the old cabin

where I had sat so long

and slept so little.

I finally understood

I had no gift

for Spiritual Matters.

In fact, Cohen was hardly done with his searching. Just a week after returning home, he boarded a flight to Mumbai to study with another spiritual guide. He took a room in a modest hotel and went to daily satsangs, spiritual discussions, at the apartment of Ramesh Balsekar, a former president of the Bank of India and a teacher of Advaita Vedanta, a Hindu discipline. Cohen read Balsekar’s book “Consciousness Speaks,” which teaches a single universal consciousness, no “you” or “me,” and denies a sense of individual free will, any sense that any one person is a “doer.”

Cohen spent nearly a year in Mumbai, calling on Balsekar in the mornings, and spending the rest of the day swimming, writing, and wandering the city. For reasons that he now says are “impossible to penetrate,” his depression lifted. He was ready to come home. The story, and the way Cohen tells it now, full of uncertainty and modesty, reminded me of the chorus of “Anthem,” a song that took him ten years to write and that he recorded just before he first headed up the mountain:

Ring the bells that still can ring

Forget your perfect offering

There is a crack in everything

That’s how the light gets in.

Even if he was now freed of depression, the next crisis was not far off. Aside from a few indulgences, Cohen was not obsessed with luxury. “My project has been completely different than my contemporaries’,” he says. His circle in Montreal valued modesty. “The minimum environment that would enable you to do your work with the least distraction and the most aesthetic deliverance came from a modest surrounding. A palace, a yacht would be an enormous distraction from the project. My fantasies went the other way. The way I lived on Mt. Baldy was perfect for me. I liked the communal life, I liked living in a little shack.”

And yet he had made a considerable fortune from album sales, concerts, and the publishing rights to his songs. “Hallelujah” was recorded so often and so widely that Cohen jokingly called a moratorium on it. He certainly had enough money to feel secure about his two children and their mother, and a few other dependents.

Before he left on his spiritual adventures, Cohen had ceded nearly absolute control of his financial affairs to Kelley Lynch, his business manager for seventeen years and, at one time, briefly, his lover. In 2004, however, he discovered that his accounts had been emptied. Millions of dollars were gone. Cohen fired Lynch and sued her. The court ruled in Cohen’s favor, awarding him more than five million dollars.

In Los Angeles County Superior Court, Cohen testified that Lynch had been so outraged by the suit that she started calling him twenty, thirty times a day and inundating him with e-mails, some directly threatening, eventually ignoring a restraining order. “It makes me feel very conscious about my surroundings,” Cohen said, according to the Guardian’s account of the trial. “Every time I see a car slow down, I get worried.” Lynch was sentenced to eighteen months in prison and five years’ probation.

After thanking the judge and his attorney in his usual high style, Cohen turned to his antagonist. “It is my prayer,” Cohen told the court, “that Ms. Lynch will take refuge in the wisdom of her religion, that a spirit of understanding will convert her heart from hatred to remorse, from anger to kindness, from the deadly intoxication of revenge to the lowly practices of self-reform.”

Cohen has never managed to collect the awarded damages, and, because the situation is still a matter of litigation, he does not like to talk about it. But one result was plain: he would need to return to the stage. Even a Zen monk has to earn some coin.

There is something irresistible about Cohen’s charm. For proof, take a look at a YouTube clip called “Why It’s Good to Be Leonard Cohen”: a filmmaker follows Cohen backstage as a beautiful German-accented actress tries to coax him, in front of a full dressing room, to “go somewhere” with her as he wryly rebuffs her. He is no less charming with men.

So it was more than a little surprising when Faggen and I returned to the house one afternoon thinking that we were on time and were informed, in the sternest terms imaginable, that we were not. In fact, Cohen, wearing a dark suit and a fedora, settled into his medical chair and gave us the most forbidding talking-to I have experienced since grade school. I’m one of those tiresome people who are rarely, if ever, late; who show up, old-mannishly, for flights much too early. But there had apparently been a misunderstanding about the time of our visit, and a text to him and his assistant seemed to have gone unseen. Every effort to apologize or explain, mine and Faggen’s, was dismissed as “not the point.” Cohen reminded us of his poor health. This was an abuse of his time. A violation. Even “a form of elder abuse.” More apologies, more rebuffs. This wasn’t about anger or apology, he went on. He felt no rage, no, but we had to understand that we were not “doers,” none of us have free will. . . . And so on. I recognized the language of his teacher in Mumbai. But that didn’t make it sting any less.

The lecture—steely, ominous, high-flown—went on quite a long time. I felt humiliated, but also defensive. In the dynamic of people getting something off their chest, the speaker feels cleansed, the listener accused and miserable.

Finally, Cohen eased into other matters. And the subject that he was happiest to talk about was the tour that began as a means of restoring what had been stolen from him. In 2007, he started conceiving a tour with a full band: three backup singers, two guitarists, drummer, keyboard player, bassist, and saxophonist (later replaced by a violinist). He rehearsed the band for three months.

“I hadn’t played any of these songs for fifteen years,” he said. “My voice had changed. My range had changed. I didn’t know what to do. There was no way I could transpose the positions that I knew.” Instead, Cohen tuned the strings on his guitar down two whole steps, so, for instance, the low E was now a low C. Cohen had always had a deep, intimate voice, but now, with age, and after countless cigarettes, it is a fantastical growl, confiding, lordly. In concert, he always got a knowing laugh with this line from “Tower of Song”: “I was born like this, I had no choice / I was born with the gift of a golden voice.”

Neil Larsen, who played keyboards in Cohen’s band, said that the preparation was meticulous. “We rehearsed very close to the way you would record,” he told me. “We did one song over and over and made adjustments. He was locking the lyrics into his memory, too. Usually it takes a while before a tour jells. Not this one. We went out ready.”

The tour started in Canada, and then went everywhere during the next five years—three hundred and eighty shows, from New York to Nice, Moscow to Sydney. Cohen began every performance saying that he and the band would give “everything we’ve got,” and they did. “I think he was competing with Springsteen,” Sharon Robinson, a singer and frequent co-writer, joked about the length of the shows. “They were close to four hours some nights.”

Cohen was in his mid-seventies by this time, and his manager did everything possible for the performer to marshal his energies. It was a first-class operation: a private plane, where Cohen could write and sleep; good hotels, where he could read and compose on a keyboard; a car to take him to the hotel the minute he stepped off the stage. Some of the most memorable musical performances Cohen had ever seen were by Alberta Hunter, the blues singer, who had a long residency in the late seventies at the Cookery, in the Village. Hunter had retired from music for decades and worked as a nurse, and then made a comeback in the last six years of her life. Leonard Cohen was following suit: an elderly man, full of sap, singing his heart out for hours, several nights a week.

“Everybody was rehearsed not only in the notes but also in something unspoken,” Cohen recalled. “You could feel it in the dressing room as you moved closer to the concert, you could feel the sense of commitment, tangible in the room.” This time, there was no warmup with Château Latour. “I didn’t drink at all. Occasionally, I’d have half a Guinness with Neil Larsen, but I had no interest in alcohol.”

The show that I saw, at Radio City, was among the most moving performances I’ve ever experienced. Here was Cohen, an old master of his art, serving up the thick cream of his catalogue with a soulful corps of exacting musicians. Time and again, he would enact the song as well as sing it, taking one knee in gratitude to the object of affection, taking both knees to emphasize his devotion, to the audience, to the musicians, to the song.

The tour not only restored Cohen’s finances (and then some); it also brought a sense of satisfaction rarely associated with him. “One time I asked him on the bus, ‘Are you enjoying this?’ And he would never really own up to enjoying it,” Sharon Robinson recalled. “But after we finished I was at his house one day, and he admitted to me that there was something extremely fulfilling about that tour, something that brought his career full circle that he hadn’t expected.”

In 2009, Cohen gave his first performance in Israel since 1985, at a stadium in Ramat Gan, donating the proceeds to Israeli-Palestinian peace organizations. He had wanted to perform in Ramallah, in the West Bank, too, but Palestinian groups decided that this was politically untenable. And yet he persisted, dedicating the concert to the cause of “reconciliation, tolerance, and peace,” and the song “Anthem” to the bereaved. At the end of the show, Cohen raised his hands, rabbinically, and recited in Hebrew the birkat kohanim, the priestly blessing, over the crowd.

“It’s not self-consciously religious,” Cohen told me. “I know that it’s been described that way, and I am happy with that. It’s part of the intentional fallacy. But when I see James Brown it has a religious feel. Anything deep does.”

When I asked him if he intended his performances to reflect a kind of devotion, he hesitated before he answered. “Does artistic dedication begin to touch on religious devotion?” he said. “I start with artistic dedication. I know that if the spirit is on you it will touch on to the other human receptors. But I dare not begin from the other side. It’s like pronouncing the holy name—you don’t do it. But if you are lucky, and you are graced, and the audience is in a particular salutary condition, then these deeper responses will be produced.”

The final night of the tour happened to be in Auckland, in late December, 2013, and the last songs were exit songs: the prayerful “If It Be Your Will,” and then “Closing Time,” “I Tried to Leave You,” and, finally, a cover of the Drifters song “Save the Last Dance for Me.”

The musicians all knew this was not only the last night of a long voyage but, for Cohen, perhaps the last voyage. “Everybody knows that everything has to end some time,” Sharon Robinson told me. “So, as we left, there was the thought: This is it.”

There is probably no more touring ahead. What is on Cohen’s mind now is family, friends, and the work at hand. “I’ve had a family to support, so there’s no sense of virtue attached to it,” he said. “I’ve never sold widely enough to be able to relax about money. I had two kids and their mother to support and my own life. So there was never an option of cutting out. Now it’s a habit. And there’s the element of time, which is powerful, with its incentive to finish up. Now I haven’t gotten near finishing up. I’ve finished up a few things. I don’t know how many other things I’ll be able to get to, because at this particular stage I experience deep fatigue. . . . There are times when I just have to lie down. I can’t play anymore, and my back goes fast also. Spiritual things, baruch Hashem”—thank God—“have fallen into place, for which I am deeply grateful.”

Cohen has unpublished poems to arrange, unfinished lyrics to finish and record or publish. He’s considering doing a book in which poems, like pages of the Talmud, are surrounded by passages of interpretation.

“The big change is the proximity to death,” he said. “I am a tidy kind of guy. I like to tie up the strings if I can. If I can’t, also, that’s O.K. But my natural thrust is to finish things that I’ve begun.”

Cohen said he had a “sweet little song” that he’d been working through, one of many, and, suddenly, he closed his eyes and began reciting the lyrics:

Listen to the hummingbird

Whose wings you cannot see

Listen to the hummingbird

Don’t listen to me.

Listen to the butterfly

Whose days but number three

Listen to the butterfly

Don’t listen to me.

Listen to the mind of God

Which doesn’t need to be

Listen to the mind of God

Don’t listen to me.

He opened his eyes, paused awhile. Then he said, “I don’t think I’ll be able to finish those songs. Maybe, who knows? And maybe I’ll get a second wind, I don’t know. But I don’t dare attach myself to a spiritual strategy. I don’t dare do that. I’ve got some work to do. Take care of business. I am ready to die. I hope it’s not too uncomfortable. That’s about it for me.”

Cohen’s hand has been bothering him, so he plays the guitar less than he did—“I’ve lost my ‘chop’ ”—but he was eager to show me his synthesizer. He sets a chord progression going with his left hand, flips some switches to one mode or another, and plays a melody with his right. At one point, he flipped on the “Greek” mode, and suddenly he was singing a Greek fisherman’s song, as if we had suddenly transported ourselves back in time, to Dousko’s Taverna, “in the deep night of fixed and falling stars” on the island of Hydra.

In his chair, Cohen waved away any sense of what might follow death. That was beyond understanding and language: “I don’t ask for information that I probably wouldn’t be able to process even if it were granted to me.” Persistence, living to the last, loose ends, work—that was the thing. A song from four years ago, “Going Home,” made clear his sense of limits: “He will speak these words of wisdom / Like a sage, a man of vision / Though he knows he’s really nothing / But the brief elaboration of a tube.”

The new record opens with the title track, “You Want It Darker,” and in the chorus, the singer declares:

Hineni Hineni

I’m ready my Lord.

Hineni is Hebrew for “Here I am,” Abraham’s answer to the summons of God to sacrifice his son Isaac; the song is clearly an announcement of readiness, a man at the end preparing for his service and devotion. Cohen asked Gideon Zelermyer, the cantor at Shaar Hashomayim, the synagogue of his youth in Montreal, to sing the backing vocals. And yet the man sitting in his medical chair was anything but haunted or defeated.

“I know there’s a spiritual aspect to everybody’s life, whether they want to cop to it or not,” Cohen said. “It’s there, you can feel it in people—there’s some recognition that there is a reality that they cannot penetrate but which influences their mood and activity. So that’s operating. That activity at certain points of your day or night insists on a certain kind of response. Sometimes it’s just like: ‘You are losing too much weight, Leonard. You’re dying, but you don’t have to coöperate enthusiastically with the process.’ Force yourself to have a sandwich.

“What I mean to say is that you hear the Bat Kol.” The divine voice. “You hear this other deep reality singing to you all the time, and much of the time you can’t decipher it. Even when I was healthy, I was sensitive to the process. At this stage of the game, I hear it saying, ‘Leonard, just get on with the things you have to do.’ It’s very compassionate at this stage. More than at any time of my life, I no longer have that voice that says, ‘You’re fucking up.’ That’s a tremendous blessing, really.”

David Remnick has been editor of The New Yorker since 1998 and a staff writer since 1992.


[1] Quote from Remnick D. Leonard Cohen Makes It Darker, The NewYorker.

http://www.newyorker.com/magazine/2016/10/17/leonard-cohen-makes-it-darker

[2] Cohen L. in a letter to his sister (1960). In Simmons S. I’m your man: The life of Leonard Cohen.

[3]https://books.google.fr/books?id=ZSbiAXUaf34C&pg=PA31&lpg=PA31&dq=Takanawa+Prince+Hotel+cohen&source=bl&ots=r8Ss-tk3ND&sig=dCG18wZsV4LPsCb5vETUO2B0pMs&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiS6aSmk7fQAhXGPxQKHZYoBRwQ6AEIPDAD#v=onepage&q=Takanawa%20Prince%20Hotel%20cohen&f=false

[4] Bertaux-Navoiseau M. Sexual mutilation and the moral order (problematics and basic concepts of the struggle against sexual mutilation).

“Oedipe sans complexe”… de castration ! (aussi aveugle qu’Oedipe, Freud dénature le mythe de Sophocle)

[1] une première version de cet article a été acceptée par l’IPSO

pour son congrès 2015, voir en fin)

(English: “Oedipus without complex”… of castration! (as blind as Oedipus, Freud distorts Sophocles’ myth)

Introduction

“Chez le garçon, Freud disait que l’Oedipe reposait sur une angoisse de castration. Or je n’ai jamais, mais vraiment jamais, entendu un patient évoquer cela en séance.” Bruno Clavier[2]

            En psychanalyse, la théorie découle de la pratique. Bien que mes recherches ne portent que sur les écrits de praticiens, ici ceux de Freud, je n’échappe pas à cette règle et c’est grâce à ma découverte d’une grave erreur de Freud dans l’analyse de l’Homme-loup que j’ai étendu ma trouvaille à la théorie de l’Oedipe, dont nous allons voir quelle a souffert du traumatisme généré chez Freud par sa propre circoncision (syndrome de l’organe manquant). Carlo Bonomi semble nous avoir donné un exemple de ce traumatisme dans les difficultés de Freud avec la mutilation sexuelle d’Emma Eckstein[3]. Voici cette observation : Freud interprète les termes qui suivent de la domestique de l’Homme-Loup enfant comme une menace de castration :

“Les enfants qui font cela (autosexualité), il leur vient à cet endroit une blessure.”[4]

Des années après la fin de l’analyse, la multiplication des atteintes dermatologiques sur le nez de Serge Pankejeff démontrera de façon éclatante que Freud a été incapable de lever l’envoûtement. Car blessure n’est pas ablation et Freud a projeté son propre fantasme de castration sur son patient. Ce dernier ne pouvait pas être guéri après une interprétation aussi éloignée de la réalité de la première répression de sa sexualité. Le jour où j’ai révélé cette trouvaille à Patrick Guyomard, il m’a déclaré : “C’est un renouveau pour la psychanalyse.” Il ne croyait pas si bien dire…

            Semblablement, la grande faille de la vision de Freud du complexe d’Oedipe est intimement liée au traumatisme inconscient qu’il a subi lors de sa circoncision. Ce traumatisme éclate dans ses cinq rêves (cauchemars) sur la circoncision[6], [7]. Il apparaît également dans la maladresse de sa théorie sur la circoncision :

“La circoncision est le substitut symbolique de la castration que le père primitif avait jadis infligée à ses fils… et quiconque adoptait ce symbole montrait qu’il était prêt à se soumettre à la volonté du père… “[8]

Cette vision est inacceptable. D’une part enfants et parents n'”adoptent” pas le prétendu symbole ; le groupe social le leur impose comme norme d’appartenance et d’identification (certainement pas d’identité). D’autre part l’idée que les pères primitifs auraient pratiqué la castration de leurs fils paraît bien éloignée de la réalité des cultures de la polygamie dans lesquelles la circoncision a éclos et où la présence des eunuques totalement évirés des harems présentifiait de façon criante la menace de castration. Enfin, la circoncision, un viol par instrument tranchant, est une mutilation barbare qui n’a rien de symbolique. C’est une menace de castration destinée à soumettre l’enfant (et l’adulte), prévenir l’inceste et favoriser l’endogamie. Ce n’est pas un progrès dans l’histoire de l’humanité mais une monstrueuse régression.

Dans le complexe d’Oedipe, la menace n’est pas la castration mais la mort

            La vision freudienne du complexe d’Oedipe comporte un biais culturel, provoqué par la circoncision, qui dénature en l’affaiblissant le mythe de Sophocle. Roheim a souligné le fait que les rituels de séparation de la mère des primitifs faussent le complexe d’Œdipe :

“… la surabondance des rituels traitant de ce thème (l’oralité) est un camouflage du complexe “d’Oedipe.”[9]

Cette remarque s’applique bien évidemment à la circoncision. Mais Freud interprète l’aveuglement d’Oedipe comme une castration :

“La castration, et l’aveuglement qui s’y substitue, sont la punition… “[10]

Il n’y a rien de tel chez Sophocle sur qui Freud projette sa propre histoire de circoncis. Premièrement, Oedipe n’a pas échappé à la castration mais à la mort ordonnée par son père. Deuxièmement, il souhaitait mourir lapidé, ce qui n’a rien à voir avec une castration. Il ne s’est résolu à se crever les yeux que parce qu’il ne trouvait personne pour ce faire. Troisièmement, il ne souhaitait pas mourir à cause d’une crainte de castration fantasmatique chez Freud mais par peur d’avoir perdu l’amour de son peuple. Enfin, s’il devait y avoir castration dans l’histoire d’Oedipe, elle serait opérée par le père, non par Oedipe lui-même. Freud fait erreur d’un côté sur l’agent, de l’autre sur le châtiment, et sa suggestion concernant cette dernière est plus légère que la réalité. Traumatisé par sa circoncision, Freud voit de la castration là où il n’y en a pas et a dénaturé, gauchi l’Œdipe de Sophocle.

Oedipe et le berger Phorbas

            Chez Sophocle, le crime paternel est la mort par abandon dans la nature, ce qui est tout autre chose que la castration. L’aveuglement d’Oedipe symbolise seulement son ignorance, “cécité” ou inconscience lorsqu’il a tué son père et épousé sa mère, double cécité donc (un œil pour papa, un œil pour maman). Mais Freud a projeté sur le mythe de Sophocle la menace de castration de la circoncision, extrêmement prégnante puisque consistant en un début de réalisation. Le fait qu’il ait transposé cette métaphore en une affaire de castration est le comble de… son propre aveuglement, résultant de son angoisse et de ses phantasmes de castration inconscients de circoncis. Le scénario de Sophocle est le phantasme inconscient normal : désir de tuer son père pour épouser sa mère, peur d’être tué par lui. Freud a projeté sur le mythe hellénistique le très judaïque rituel de punition (par anticipation) par début de réalisation et menace de castration. Freud a inventé la science (linguistique comme souligné par Lacan) du déchiffrement de l’inconscient mais c’est Sophocle qui a inventé l’inconscient et le complexe d’Oedipe.

            Une grave erreur théorique résulte de ce biais culturel. Freud surajoute aux fantasmes de castration courants un “complexe de castration” inexistant qu’il intègre improprement au complexe d’Oedipe. En effet, pour ceux qui n’ont pas été traumatisés par une mutilation sexuelle, à l’âge des impulsions sexuelles pour le parent du sexe opposé et de la jalousie envers l’autre, la menace imaginée par l’enfant face à ses désirs concernant le couple parental, n’est pas la castration mais la mort par perte de l’amour et donc d’abandon, d’exclusion de la famille. Freud a justement formulé cette menace pour les filles :

“L’angoisse de castration n’est naturellement pas le seul motif du refoulement, elle n’a déjà pas lieu chez les femmes qui ont, certes, un complexe de castration, mais ne peuvent pas avoir d’angoisse de castration. A sa place survient chez l’autre sexe l’angoisse de la perte de l’amour… “[11]

mais pas pour les garçons, alors que le problème est exactement le même ; c’est l’angoisse de mort qui est déterminante. Le sexisme de Freud s’exprime là dans toute son ampleur. Ce sexisme est la conséquence directe de son traumatisme de circoncis.

            Dans les cultures pratiquant la circoncision, le complexe d’Oedipe (moment de l’intégration dans la société) est faussé, comme l’a vu Roheim. Une menace réelle de castration est substituée à la crainte imaginaire de la mort résultant du désir inconscient de tuer le parent du même sexe. Mais la bonne résolution de l’Oedipe ne peut pas résulter d’une atteinte (ou d’une menace d’atteinte) physique par autrui. Tout au contraire, la mise en valeur, positive ou négative, d’une quelconque partie du corps, par une violence réelle ou verbale du groupe social, constitue une inacceptable ingérence dans le développement de l’individu et la vie familiale, source de psychopathologie de masse[12]. Une décision de la justice israélienne, heureusement cassée par la cour suprême, a illustré cette affirmation de façon particulièrement choquante ; elle avait condamné une mère à une lourde astreinte journalière tant qu’elle n’aurait pas fait circoncire son fils.

            Les circoncis, ou ceux qui ont subi une menace de castration, peuvent trouver une échappatoire et croire à une atténuation en leur faveur de la Loi universelle. Rien de tel qu’une circoncision ou une menace de castration pour pervertir un enfant. Douter de ses géniteurs lui est difficile. Il est naturellement conduit à se targuer, avec une grande richesse d’arguments, de leurs bienfaits comme de leurs méfaits (syndrome de Stockholm collectif et transgénérationnel). Devenu adulte, la mutilation qui semble avoir toujours existé lui paraît naturelle, il la reproduira sur ses enfants, au prix de discriminer l’humanité entière.

            Le circoncis risque de faire de son infirmité un alibi. Une castration partielle lui apporte le réconfort d’un signe d'”identification” le mettant non seulement au-dessus des femmes mais encore au dessus du commun des mortels. Comme s’il suffisait d’une mutilation pour quitter (ou ne pas quitter) l’enfance ! Ce n’est pas tant qu’il considère intimement les autres hommes, les “étrangers”, comme des exclus méprisables, sales et intouchables sous peine de contamination, c’est surtout qu’il lui serait impensable qu’ils épousent ses filles ou ses sœurs. L’endogamie raciste et la possession des femmes sont bien évidemment un des buts de l’opération. C’est aussi que la circoncision est un signe extérieur d’appartenance à une communauté violente – et donc supposée puissante. Prétendument plus rassurante que des documents d’identité, la soi-disant identité collective d’un simple signe particulier devient le paradigme du narcissisme de groupes qui se discriminent, discriminent leurs enfants et discriminent la communauté universelle par un racisme artificiel chirurgicalement imposé aux mineurs. Cette discrimination est d’autant plus condamnable qu’elle s’appuie sur la croyance en une supériorité morale puritaine garantie par la mutilation, soit un racisme à la puissance dix. Elle place définitivement ses détenteurs dans une caste, les “élus”, qui peut croire que tout lui est permis (lapidation, excision, mariage forcé, polygamie…, etc.) ou dû (la “terre promise”). C’est, par une action violente sur l’inconscient et les motivations puissantes du monde des affects, une technique perverse d’emprise sur l’individu en vue de son enrôlement. Elle renforce la division du monde en groupes rivaux qui se livrent à des guerres sans merci.

            Certains praticiens objectent qu’ils rencontrent fréquemment des fantasmes de castration chez leurs patients, qu’ils attribuent au “complexe de castration”. Ces fantasmes sont normaux mais ils ne permettent pas de conclure à l’universalité d’un complexe de castration. Il y a des fantasmes de castration chez nombre de névrosés, il n’y a pas de complexe de castration universel. Le complexe d’Oedipe est identique chez la fille et chez le garçon. Freud disait déjà que la menace de castration n’existe pas chez la fille et qu’elle est remplacée par une menace de perte de l’amour. En fait, le fantasme de perte de l’amour est un fantasme de menace de mort identique pour les deux sexes, comme souligné par Wald[13].

             Cette erreur fondamentale est étroitement liée à la fausse idée de la “castration féminine”. Freud affirmait justement que le clitoris est le deuxième organe sexuel de la femme, un petit pénis. Il n’en a pas tiré la conséquence que c’est éventuellement un phallus. Les récentes découvertes de la biologie ont montré qu’il est aussi volumineux que le masculin. Les femmes ont un phallus. Ignorants, Freud, Lacan et leurs disciples le dénient constamment pour se repaître du mythe de la castration féminine, voire de délirantes formules mathématiques de la sexuation (Lacan) dans lesquelles certains l’ont et d’autres pas !

            Le complexe d’Œdipe repose sur une menace de mort imaginaire, fantasmée. Mais les menaces réelles de perte de l’amour et donc de mort, existent aussi. Criminelles, elles sont aussi terriblement déstructurantes que les menaces de castration. Il faut leur assimiler l’interdit de l’autosexualité. Freud et Lacan ont été victimes d’une confusion entre menace imaginaire et menaces réelles.

Autres conséquences pratiques

du traumatisme de la circoncision

            Freud a répété cette erreur a l’intérieur même de sa plus limpide prise de conscience de la gravité du traumatisme des menaces d’exclusion de la famille (perte de l’amour) :

“Les résultats de la menace de castration sont multiples et incalculables ; ils affectent toutes les relations d’un garçon avec ses pères et mères et par la suite avec les hommes et les femmes en général.”[14]

La note de bas de page suggère discrètement, de façon biaisée par la fumeuse théorie de la soumission qui n’est pas soumission au père mais soumission du père à la société, notamment aux grands-parents) que la circoncision est une de ces déstructurantes menaces :

“(1) …La coutume primitive de la circoncision, un autre substitut de la castration, ne peut être comprise que comme l’expression d’une soumission à la volonté paternelle…

            Autre exemple de cette erreur :

“… ce qui est particulièrement remarquable, c’est la représentation de l’onanisme, ou plutôt de sa punition, la castration, par la chute ou l’arrachage d’une dent, parce qu’on trouve un pendant en ethnologie, ce que ne savent sans doute que très peu de rêveurs. Il ne me semble pas douteux que la circoncision pratiquée chez tant de peuples, est un équivalent de la castration et vient en prendre le relais. On nous rapporte d’ailleurs qu’en Australie, certaines tribus primitives procèdent à la circoncision comme rite de puberté (pour la fête marquant l’entrée de la jeunesse dans l’âge d’homme), tandis que d’autres tribus, bien qu’habitant tout près des premières, ont remplacé cet acte par l’extraction d’une dent.”[15]

Freud ne voit pas que la circoncision et l’arrachage de dents sont tous deux des menaces/commencements de réalisation de mort (la partie pour le tout) et que les rêves (cauchemars) de chute de dents sont des rêves de mort, comme les rêves de faux pas ou de chute.

            Interpréter l’hallucination du doigt coupé de l’Homme-Loup en termes de castration en ignorant les termes “ne tenait plus que par la peau” (qui indiquent clairement qu’il s’agit d’un questionnement sur l’intumescence et la détumescence probablement en rapport avec la scène primitive (rêve des loups)) relève de la même obsession projective de sa circoncision.

            Lacan fut une grande victime de ces erreurs[16], jusqu’à émettre le concept fumeux de castration symbolique, lequel justifie en pratique la castration du portefeuille des clients (séances courtes avec une salle d’attente pleine)(*). Les psychanalystes qui croient à un complexe de castration risquent d’être peu efficaces, délirants et escrocs.

Conclusion

– Maman, je t’aime !

– Oh, merci, mon amour ! Dis-le aussi à papa, il sera content.

– Papa, j’aime maman.

            Un biais culturel sexiste n’est pas de mise en psychanalyse. Le complexe d’Oedipe est exactement le même pour la fille et le garçon. La menace doit rester phantasmée par l’enfant. C’est une menace de perte de l’amour et donc de mort par abandon. Il peut y avoir des fantasmes et des angoisses de castration chez les hommes mais il n’y a pas de complexe de castration. Ce dernier est la projection sur l’humanité des fantasmes de castration d’un circoncis. En corollaire, il n’y a pas de fonction spécifiquement paternelle ; seule la fonction parentale existe. La fonction paternelle serait celle de la raison du plus fort, tout ce dont on ne veut pas.

            Le parallèle est évident entre la circoncision et l’histoire d’Œdipe ; dans les deux cas, un père criminel tente de porter atteinte à la vie de son fils ou le mutile en son plus intime. Mais on ne saurait comparer une mutilation réelle, collective et transgénérationnelle avec un mythe ou un fantasme. En l’absence de ces rapprochement et distinction, circoncision et castration sont un boulet aux pieds de la psychanalyse. C’est l’échec de la psychanalyse à mettre le doigt sur cette faille – et non, comme le pensait Alice Miller, la perversité polymorphe naturelle de l’enfant (ce n’est pas parce que l’enfant est naturellement abusif que les adultes doivent l’être) – qui peuvent faire d’elle une pédagogie empoisonnée. Le concept de complexe de castration et le terme de castration, lorsqu’il est substitué à celui de mort ou de différence des sexes, sont inadmissibles en psychanalyse. Ils la rendent sexiste. Dans l’inconscient de Freud, cette faille a pour fonction de préserver les mythes judaïques de la supériorité morale des circoncis et de la castration des femmes, soi-disant déjà castrées d’après le Talmud[17]. Cette grave erreur théorique ne peut être sans conséquences sur la pratique psychanalytique.

             En appliquant la psychanalyse à son fondateur, ce travail a relevé quelques unes de ses erreurs. Il confirme donc de façon éclatante la valeur de la découverte freudienne. La circoncision est la pire forme de répression de l’autosexualité. Cette répression est la première grande découverte de Freud qui, pour en avoir été victime sous la forme – au moins – de la circoncision, a réussi à la nommer comme cause du refoulement fondamental, et donc de la formation de l’inconscient.

Résumé

Inconsciemment affecté par sa propre circoncision – le fait est que ses diverses condamnations de la circoncision manquent de justesse – Freud a prêté à Oedipe de s’être aveuglé par compulsion auto-castratrice. Mais la punition par la castration est un fantasme d’adultes tandis que la punition fantasmée par l’enfant qui souhaite inconsciemment tuer sa mère pour épouser sa mère est la mort. L’intention de Sophocle est toute différente ; il voulait seulement montrer qu’Oedipe n’était pas conscient lorsqu’il a tué son père et épousé sa mère. Mais Freud, physiquement, culturellement et mentalement affecté par la menace de castration inscrite à vie sur son propre corps, a projeté cette dernière sur un mythe hellénistique qui n’a rien à voir avec la castration. C’est donc Sophocle, et non Freud, qui a inventé l’inconscient. Freud a découvert la science de son déchiffrement. Ce travail a relevé quelques erreurs de la psychanalyse en l’appliquant à son fondateur. Il confirme donc de façon éclatante la valeur la découverte freudienne.

Résumé

Freud a prêté à Oedipe de s’être aveuglé par compulsion auto-castratrice. Mais la punition par la castration est un fantasme d’adultes tandis que la punition fantasmée par l’enfant qui souhaite inconsciemment tuer sa mère pour épouser sa mère est la mort. C’est donc Sophocle, et non Freud, qui a inventé l’inconscient. Freud a découvert la science de son déchiffrement. Ce travail a relevé quelques erreurs de la psychanalyse en l’appliquant à son fondateur. Il confirme donc de façon éclatante la valeur la découverte freudienne.


[1] Ce titre renvoie à celui de Jean-Pierre Vernant et Pierre Vidal-Naquet : “Oedipe sans complexe” in Oedipe et ses mythes, Historiques, 1967 (43), 2.

[2] Clavier B. Les fantômes de l’analyste. Paris : Payot-Rivages ; 2017.

[3] Bonomi C. The Freud-Ferenczi controversy in light of Emma Eckstein’s circumcision. International forum of psychoanalysis, 25 (4): 202-210.

[4] Extraits de l’histoire d’une névrose infantile. 1918. Paris : PUF ; 1988. O.C., XIII, p. 21.

[5] Freud S. Abrégé de psychanalyse. 1938. Paris : PUF ; 1978. p. 60-62.

[6] “The scenes themselves which lie at the bottom of the story:” Julius, circumcision, and the castration complex. Psychoanalytic review, 1994 81 (4), 603-25.

[7] Bertaux-Navoiseau M. Cinq rêves de Freud témoignent du traumatisme de sa propre circoncision. academia.edu.

[8] Freud S. L’homme Moïse et la religion monothéiste. 1936. Paris : Gallimard ; 1986. p. 223-24.

[9] Roheim G. Psychanalyse et anthropologie. 1950. Paris : Gallimard ; 1967. 192-93.

[10] Freud S. Totem et tabou. 1912. Paris : PUF ; 1998. O.C., XI. 347.

[11] Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse. 1933. Paris : PUF ; 1995. O.C., XIX.

[12] Bertaux-Navoiseau M. Les mutilations sexuelles (excision, circoncision), une dangereuse folie collective : un syndrome de Münchhausen par procuration transgénérationnel et collectif et un syndrome Stockholm aggravé parce que collectif. academia.edu.

[13] Wald G. Circumcision (1975). What jewish nobelist George Wald had to say about circumcision, Church and state, 2012. http://churchandstate.org.uk/2012/12/what-jewish-nobelist-george-wald-had-to-say-about-circumcision/

[14] Abrégé de psychanalyse. 1938. Paris : PUF ; 1978. p. 60-62.

[15] Leçons d’introduction à la psychanalyse. 1916-17. Paris : PUF ; 2000. O.C., XIV, 170.

[16] Bertaux-Navoiseau M. Lacan, la circoncision et… l’excision ! (le retour… en arrière !)

(*) L’escroquerie systématique de Lacan a été démontrée chiffres en main par Roudinesco dans son Histoire de la psychoanalyse.

[17] Talmud Avoda zara 27, a.

“Oedipus without complex”… of castration (as blind as Oedipus, Freud distorts Sophocles’ myth)

“Oedipus without complex”… of castration[1]

(as blind as Oedipus, Freud distorts Sophocles’ myth)

(a first version of this paper has been accepted for the

2015 congress of the IPSO, see at the end)

 (French: “Oedipe sans complexe”… de castration ! (aussi aveugle qu’Oedipe, Freud dénature le mythe de Sophocle)

“In the boy, Freud used to say that an anguish of castration based the Oedipus. I never, really never, heard that from a patient.” Bruno Clavier[2]

Introduction

            In psychoanalysis, theory stems from practice. Though my research only covers writings of practitioners, here Freud’s, I do not escape that rule; thanks to my finding of a grave mistake of Freud in the analysis of the Wolf-man, I extended that discovery to the theory of the Oedipal. Indeed, it suffered from the trauma generated in Freud by his circumcision (syndrome of the missing organ, with traumatic amnesia thus). Carlo Bonomi seems to have given us an outcome of that trauma in the difficulties of Freud to deal with Emma Eckstein’s sexual mutilation[3]. Here is that observation: Freud interprets the terms of the maid of the Wolf-Man when a child as a threat of castration:

“Children who do that (autosexuality) get a wound in this place.”[4],

The matter is a prediction of merely biological order that looks like a malicious curse, threatening indeed, but that is not a human threat, and still less a threat of castration, like, notably circumcision, of which Freud, but only in the end of his life, will write that it is a threat of castration. Years after the end of the analysis, the multiplication of dermatological injuries on the nose of Serge Pankejeff, will brightly prove that Freud was unable to ward off the bewitchment. For wound is not ablation and Freud projected his castration fantasy upon his patient. The latter could not be cured after a so-far-from-reality interpretation of the first repression of his sexuality. On the day when I disclosed that finding to Patrick Guyomard, he told me: “That is a revival for psychoanalysis.” We did not know yet how right he was…

            Similarly, the great flaw of Freud’s view of the Oedipus complex is intimately linked to the unconscious trauma he endured during his circumcision. That trauma explodes in his five dreams (nightmares) about circumcision[6], [7]. It also appears in the awkwardness of his theory about circumcision:

“Circumcision is the symbolical substitute for castration that the primal father once inflicted upon his sons… and whoever accepted that symbol was showing by it that he was prepared to submit to the father’s will…”[8]

That view is unacceptable. On the one hand, parents and children do not “adopt” the alleged symbol; the social group imposes it upon them as norm of affiliations or identification (certainly not of identity). On the other hand, the idea that primitive fathers would have practiced the castration of their sons seems very far from the reality of cultures of polygamy in which circumcision hatched and where the presence of the totally evirated eunuchs in harems sorely presentified the threat of castration for elder sons of the same age as the young spouses of the father. Finally, circumcision, a rape by a sharp tool, is a barbarous mutilation that has nothing symbolical. It is a threat of castration aimed at submitting the child (and the adult), to prevent incest and favour endogamy. It is not a progress in the history of humanity but a monstrous regression.

In the Oedipus complex,

the threat is not castration but death

 

           The Freudian view of the Oedipus complex includes a cultural bias, provoked by circumcision, which misrepresents, weakening it, Sophocles’ myth. Roheim was the first to point out that the separation-of-the-mother rituals of primitives distort the Oedipus complex:

“… the superabundance of ritual dealing with this theme (orality) is a camouflage of the Oedipus complex.”[9]

That remark very obviously applies to circumcision. But Freud interprets Oedipus’ blinding as a castration:

“Castration and blinding which substitutes to it are the punishment…”[10]

There is no such thing in Sophocles upon whom Freud projects his circumcision story. Firstly, Oedipus did not escape castration but death ordered by his father. Secondly, he wished to die stoned, which has nothing to do with castration. He resolved to gouge his eyes out only because he did not find anybody to do so. Thirdly, he did not wish dying because of a fear of castration, but out of a belief to have lost the love of his people. Eventually, if there had to be a castration in Oedipus’ story, it would be operated by the father, not by Oedipus himself. Freud mistakes on one side about the agent and, on the other side, about the punishment, and his suggestion concerning the latter is different and lighter than reality. Traumatised by his circumcision, he sees castration there where there is no such thing and misrepresented, warped Sophocles’ Oedipus.

Oedipe and the shepherd Phorbas

            In Sophocles, the paternal crime is death through abandonment in nature, which is quite another thing than castration. Oedipus’ blinding only symbolizes his ignorance, “blindness”, or unconsciousness when he killed his father and married his mother, a double blindness thus (one eye for dad, one eye for mum). But Freud projected upon Sophocles’ myth the threat of castration of circumcision, extremely vivid since consisting in a beginning of realization. The fact that he transposed that metaphor into a matter of castration is the height of… his blindness, stemming from his unconscious anguish and castration phantasies of circumcised man. Sophocles’ scenario is that of the normal unconscious phantasy: desire to kill one’s father in order to marry one’s mother, fear of being killed by him, and thus fear of the paternal punishment by death. Freud projected the very Judaic idea of punishment (by anticipation) through beginning of realization and threat of castration upon the Hellenistic myth. He invented the linguistic (as stressed by Lacan) science of deciphering the unconscious but Sophocles invented the unconscious and the Oedipus complex.

            A grave theoretical mistake results from that cultural bias. Freud overlays an inexistent “castration complex”, which he improperly integrates into the Oedipus complex, for the common fantasies of castration. Indeed, for those who have not been traumatized by a sexual mutilation, at the age of the sexual impulses for the parent of the opposite sex and jealousy towards the other, the threat imagined by the child facing their desires concerning the parental couple is not castration but death through loss of love and exclusion from the family. Freud rightly formulated that threat for girls:

“Fear of castration is not, of course, the only motive for repression: indeed it finds no place in women, for though they have a castration complex, they cannot have a fear of being castrated. Its place is taken in their sex by a fear of loss of love…”[11]

but not for boys, whereas the issue is exactly the same for both; anguish of death (fear of loss of love) is determining. Freud’s sexism spreads out here in all its extent. That sexism is the direct consequence of his trauma of circumcised.

            In cultures practising circumcision, the Oedipus complex (the process of integration into society) is altered, as Roheim saw. A real threat of castration is substituted for the imaginary fear of death resulting from the unconscious desire to kill the parent of the same sex. But the correct resolution of the Oedipus complex cannot result from a physical injury (or threat of injury) by others. Quite the opposite, a positive or negative emphasis on whatever part of the body, through real or verbal violence imposed by the social group, is an unacceptable meddling into the development of the individual and family life, a source of mass psychopathology[12]. An Israeli court order, happily overruled by the Supreme Court, illustrated that affirmation in a particularly shocking way; it had condemned a mother to a high penalty on a daily basis as long as she would not have had her son circumcised.

            The circumcised, or those who have endured a threat of castration, may find a way out and believe in a lessening of the universal Law in their favour. There is nothing like circumcision or an actual threat of castration to pervert a child. Doubting their progenitors is hard for them. They are naturally led to boast, with a wealth of arguments, about their deeds or misdeeds (collective and transgenerational Stockholm syndrome). Once adults, the mutilation that seems to have always existed looks natural to them, they will reproduce it upon their children, at the price of discriminating the whole humanity.

             Circumciseds risk using their disability as an alibi. A partial castration brings them the comfort of a sign of “identification” that not only places them above women but also above the common herd. As if a mutilation could enable one to leave (or… not to leave) infancy behind! Not only do they intimately consider other men, “foreigners”, as despicable, dirty and untouchable without one being contaminated, but above all, it would be unthinkable to them that they would marry their daughters or sisters. Racist endogamy and possession of women are very obviously one of the aims of the operation. Circumcision is also an exterior sign of belonging to a violent – and therefore assumed powerful – community. Allegedly more reliable than identity documents, the collective so-called identity of a mere particular sign becomes the paradigm of the narcissism of groups that discriminate themselves, discriminate their children and discriminate the universal community through an artificial racism surgically imposed upon minors. That discrimination is all the more reprehensible that it the belief in a moral superiority guaranteed by the mutilation, which is power ten racism, accompanies it. It forever puts its holders in a caste, “the elected”, that may think that everything is allowed (stoning, excision, forcing into marriage, polygamy,… etc.) or owed (the Promised Land) to it. Through a violent action into the unconscious and the powerful affective world, it is a perverse technique of hold upon individuals in the aim of their enrolment. It reinforces divisions of the world into rival groups indulging in merciless wars, as pointed out by Wald[13].

            Some practitioners object that they frequently deal with fantasies of castration with their patients, which they attribute to the “complex of castration”. Those fantasies are normal but they are not an evidence of the universality of a complex of castration. There are fantasies of castration with many neurotics, there is no universal complex of castration. The Oedipus complex is identical in the girl and the boy. Freud wrote that the threat of castration does not exist in the girl and is replaced by a threat of loss of love. Actually, the fantasy of loss of the love is a fantasy of death threat identical for both sexes.

            That fundamental mistake is narrowly linked with the idea of the “feminine castration”. Freud rightly affirmed that the clitoris is the second sexual organ of woman, a little penis. He did not draw the consequence that it may be a phallus. The recent discoveries of biology proved that it is as bulky as the masculine one. Women have a phallus. Igonrant, Freud, Lacan, and their disciples constantly deny it and revel in the myth of the feminine castration, and even in delirious mathematical formulas of sexuation (Lacan) in which some, males, have it and others, females, not!

            The Oedipus complex lies upon an imaginary, phantasized threat of death. But real threats of loss of love, and thus death, also exist. Criminal, they are as terribly destructurating as threats of castration. The forbidding of autosexuality must be likened to them. Freud and Lacan were the victims of a confusion between imaginary threat and real threats.

Other practical consequences

of the trauma of circumcision

            Freud repeated that mistake even within his clearest awareness of the seriousness of threats of exclusion of the family (loss of love):

“The results of the threat of castration are multifarious and incalculable; they affect the whole of a boy’s relations with his father and mother and subsequently with men and women in general.”[1]

The footnote discreetly suggests, in a way biased by the nebulous theory of submission (which is not submission to the father but submission of the father to society, notably to the grandparents) that circumcision is one of those destructurating threats:

“(1) … The primaeval custom of circumcision, another substitute for castration, can only be understood as an expression of submission to the father’s will… ” (p. 190)

            Another example of that mistake:

“But that masturbation, or rather the punishment for it – castration – should be represented by the falling out or pulling out of teeth is especially remarkable, since there is a counterpart to it in anthropology which can be known to only a very small number of dreamers. There seems to me no doubt that the circumcision practised by so many peoples is an equivalent and substitute for castration. And we now learn that certain primitive tribes in Australia carry out circumcision as a puberty rite (at the festival to celebrate a boy’s attaining sexual maturity), while other tribes, their near neighbours, have replaced this act by the knocking out of a tooth.” [2]

Freud does not see that circumcision and pulling out of teeth both are threats/beginning of realization of death (the part for the whole) and that dreams (nightmares) of pulling out of teeth are dreams of death, like dreams of missteps or falling.

             Interpreting the hallucination of the Wolf-Man’s cut-off finger in terms of castration ignoring the words: “hold any longer by the skin only” (that clearly indicate that it is a questioning about detumescence and intumescence likely in relation with the primitive scene (dream of the wolves)) belongs to the same projection of his circumcision.


            Lacan was a great victim of those mistakes[15], up to producing the fuzzy concept of “symbolic castration”, which practically justifies the castration of the wallet of the customers (short sessions with a full waiting-room)(*). The psychoanalysts who believe in the existence of a castration complex risk being little efficient, delirious, and crooks.

Conclusion

– Mum, I love you!

– Oh, thanks, my love! Say it to daddy too, he’ll be glad.

– Dad, I love mum.

            Psychoanalysis may not stand a sexist cultural bias. The Oedipus complex is exactly the same for the girl and the boy. The threat must remain phantasized by the child. It is a threat of loss of love and thus death by abandonment. There may be fantasies and anguish of castration in men but there is no complex of castration. The latter is the projection upon humanity of the fantasies of castration of a circumcised. As a corollary, there is no specific paternal function; only the parental function exists. The paternal function would be that of the reason of force, everything we do not want.

            The parallel is obvious between circumcision and Oedipus’ story; in both cases a criminal father tries to assault the life of his son or mutilates him in his most intimate. But a real, collective, and transgenerational mutilation cannot be compared with a myth or a fantasy. In the absence of those comparison and distinction, circumcision and castration are a ball and chain at the feet of psychoanalysis. The failure of psychoanalysis to put its finger on that flaw – and not, as Alice Miller thought – the natural polymorph perversity of the child (the fact that the child is naturally perverse is not a reason for adults to be perverse too) may make it a poisonous pedagogy. The concept of complex of castration and the term castration, when it is substituted for that of death or of difference of the sexes, are inadmissible in psychoanalysis. They make it sexist. In Freud’s unconscious, the function of that flaw is keeping alive the Judaic myths of the moral superiority of the circumcised and of the castration of women, allegedly already castrated according to the Talmud[16]. That grave theoretical mistake cannot be without outcomes upon psychoanalytical practice.

            Applying psychoanalysis to its founder, this work identified a few of his mistakes. It thus vividly confirms the value of the Freudian discovery. Circumcision is the worst form of repression of autosexuality. That repression is the first great discovery of Freud who, for having been its victim under the form – at least – of circumcision, succeeded to name it as the fundamental repression, and thus of the formation of the unconscious.

RELATED ARTICLE:

Psychoanalysis of sexual mutilation, sexual mutilation of psychoanalysis (Freud between Abraham and Alice Miller). academia.edu, Bertaux.

ABSTRACT

Unconsciously affected by his own circumcision – the fact is that its various con-damnations of circumcision lack accuracy – Freud ascribed to Oedipus having blinded himself out of a compulsion of self-castration. But punishment by castration is a fantasy of adults whereas the punishment fantasized by the child who unconsciously wishes to kill his mother in order to marry his mother is death. The intention of Sophocles is quite different; he only wanted to show that Oedipus was unaware (blind) when he killed his father and married his mother. But Freud, physically, mentally and culturally affected by the threat of castration inscribed for life on his own body, has projected it on a Hellenistic myth that has nothing to do with castration. Sophocles, not Freud, invented the unconscious. But Freud discovered the science of its decryption. This work notes a few mistakes of psychoanalysis by applying it to its founder. Therefore, it vividly confirms the value of the Freudian discovery.


[1] This title refers to that of Jean-Pierre Vernant and Pierre Vidal-Naquet: “Oedipe sans complexe” in Oedipe et ses mythes, Historiques, 1967 (43), 2.

[2] Clavier B. Les fantômes de l’analyste. Paris : Payot-Rivages ; 2017.

[3] Bonomi C. The Freud-Ferenczi controversy in light of Emma Eckstein’s circumcision. International forum of psychoanalysis, 25 (4): 202-210.

[4] An infantile neurosis. 1918. London: The Hogarth press ltd.; 1955. S.E., XVII, p. 24.

[5] Freud S. An outline of psychoanalysis. 1938. London: The Hogarth press ltd.; 1964. S.E., XXII, p. 190, note 1.

[6] “The scenes themselves which lie at the bottom of the story:” Julius, circumcision, and the castration complex. Psychoanalytic review, 1994 81 (4), 603-25.

[7] Bertaux-Navoiseau M. Five dreams of Freud testify of the trauma of his own circumcision. academia.edu.

[8] Moses and monotheism. 1936. London: The Hogarth press ltd.; 1964. S.E., XXIII, p.122.

[9] Psychoanalysis and anthropology. New York: International university press; 1950. p. 149-150.

[10] Totem and taboo. 1912. London: The Hogarth press limited; 1964. S.E. XIII, p. 130.

[11] New introductory lectures on psychoanalysis. 1933. London: The Hogarth press ltd.; 1964. S.E., XXII.

[12] Bertaux-Navoiseau M.  Circumcision, a dangerous collective madness: a transgenerational and collective Münchhausen syndrome by proxy and an aggravated collective Stockholm syndrome.  academia.edu.

[13] Wald G. Circumcision (1975). What jewish nobelist George Wald had to say about circumcision, Church and state, 2012. http://churchandstate.org.uk/2012/12/what-jewish-nobelist-george-wald-had-to-say-about-circumcision/

[14] Introductory lessons to psychoanalysis. 1916-17. London: The Hogarth press; 1961. S.E., XV, 164.

[15] Lacan, circumcision and… excision! (the return… backwards!)

(*) Lacan’s systematic swindle has been demonstrated figures in hand by Roudinesco in her History of psychoanalysis.

[16] Talmud, Avoda zara 27, a.